Août 2008 - Nouvelle étape dans le recyclage à Auckland

recyclage 2008

A l’heure où le « vert » devient une urgence mondiale, la ville d’Auckland s’affirme comme l’un des modèles de cette politique qui met enfin en avant les intérêts de la planète.

Avec sa population très urbaine (près de 77% des habitants du pays vivent en effet dans des villes de plus de 30 000 âmes), le problème du recyclage s’est vite posé, d’autant que les kiwis produisent aujourd’hui en moyenne 3,4 millions de tonnes de déchets chaque année (soit 872kg par pers. et par an alors que la France est à 580Kg en moyenne). C’est deux fois plus qu’il y a 20 ans et donc ça coûte beaucoup d’argent à l’Etat (2 milliards de dollars par an).

Durant ces deux dernières décennies, Auckland a vu sa production personnelle augmenter de 130%. Pas si étonnant quand on sait qu’elle est la ville la plus peuplée de Nouvelle-Zélande, mais avec des chiffres aussi impressionnants, la gestion des déchets est devenue la priorité numéro 1 de la ville.

Les solutions actuellement utilisées pour traiter les déchets de la région sont l’enfouissement (968 000 tonnes y ont été emmenées entre 2000 et 2002) et l’incinération (déchets médicaux notamment). Là où le bât blesse, c’est que 65% des déchets produits par les ménages et les entreprises pourraient être recyclés mais ne le sont toujours pas !

L’histoire du tri en Nouvelle-Zélande

Le principe du tri sélectif a été introduit en octobre 1990, lorsque le Auckland Regional Council s’est associé aux North Shore City Council pour tester ce système dans 56 000 foyers du North Shore. Très vite, l’expérience s’est avérée plus que satisfaisante et les districts alentours (Auckland, Waitakere et Manukau) ont décidé de mettre en place eux aussi le tri, avant d’être à leur tour rejoins par le reste du pays.

La gestion des déchets ménagers et industriels est donc un processus relativement récent et le Régional Council ne cache pas aujourd’hui ses objectifs concernant la région d’Auckland et son million trois d’habitants.

Les 3R : Reduce, Reuse, Recycle

Tout d’abord il faut prendre le problème à la source et réduire les déchets. Pas facile quand on sait que ceci est directement lié à l’économie, c’est-à-dire à la consommation des ménages. Ensuite, il s’agit d’augmenter le recyclage et la réutilisation des matériaux. Enfin, le Regional Council souhaite minimiser les effets du « waste management » sur l’environnement et l’effet de serre en diminuant la quantité de déchets ayant besoin d’être enfouis ou brûlés. Le credo est aujourd’hui celui des 3R: « Reduce, Reuse, Recycle » (Réduire, Réutiliser, Recycler).

Introduction d’une poubelle ‘king size’ pour le tri

En juin dernier, les habituels petits bacs bleus ont été remplacés par des poubelles de 240 litres. Outre sa capacité largement supérieure, l’éventail de déchets que l’on peut y déposer est également plus importante. Désormais, en plus du plastique (qui passe de 3 à 7 classes, incluant à présent les pots de yaourt, flacons de shampoing, etc.), verre et aluminium, on peut y jeter papier (prospectus, magazines) et carton.

Avec l’arrivée de cette géante du tri, il fallait tout un service à la hauteur. Ainsi une nouvelle usine et de nouveaux camions spécialement dédiés au nouveau système ont fait leur apparition. Une « police du tri » a également été déployée afin de vérifier le contenu des poubelles. Tout Aucklandais ayant mis dans sa poubelle des objets proscrits voit celle-ci ornée d’un scotch rose, parfois d’une note expliquant pourquoi elle n’est pas ramassée.

Mais même si la nouvelle poubelle facilite le tri et augmente la quantité de déchets recyclés de 25%, certaines entreprises l’estiment encore insuffisamment petite et demandent un service de ramassage adapté à leurs besoins particuliers.

Objectif zéro déchet en 2020

Dernière pierre apportée à l’édifice écologique néo-zélandais, la stratégie « Zero Waste 2020 » qui a, comme son nom l’indique, l’ambitieux objectif de gérer complètement les déchets du pays dans un délais de 12 ans, a commencé par une campagne publicitaire « Reduce your rubbish » lancée en juin 2003 a grands coups de spots radio et télévisés et de parutions dans la presse écrite.
Un accord de 5 ans a également été signé le 10 août 2004 par le ministère de l’Environnement afin de réduire les emballages et ainsi diminuer considérablement la quantité de déchets à recycler. L’an dernier déjà, les objectifs posés par le ministère avaient été atteints à 95% pour le papier et l’acier.

Il reste malheureusement du chemin à faire. Cela se voit tous les jours dans l’utilisation extravagante des sacs plastiques dans tous les commerces, et plus grave, dans la majorité des supermarchés, qui promettent pourtant monts et merveilles en terme d’achats bio et de contribution à l’effort collectif…

Combinez une consommation des ménages débridée à l’usage de voitures aux grosses cylindrées et à une conscience encore superficielle de la responsabilité écologique d’une grande partie de la population et vous touchez à la contradiction néo-zélandaise… « Clean and green » ok, mais pas trop. En cela, la Nouvelle-Zélande ressemble au reste du monde.

La volonté gouvernementale est malgré tout là, et grâce à des personnalités comme Nandor Tanczos, ancien parlementaire rasta et écologiste visionnaire, qui militent activement pour réduire notre empreinte (footprint), il y a de l’espoir au pays du long nuage blanc…

Florence

Plus d’informations sur le New Zealand packaging accord 2004 – 2009 sur le site internet http://www.packagingaccord.org.nz

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