Avril 2002 - Retour historique des restes de l'évêque français Pompallier
Ce week-end (20-21 Avril 2002) ont eu lieu les cérémonies de clôture de 14 semaines de pèlerinage des restes de l'Evêque Jean-Baptiste Pompallier à travers toute la Nouvelle-Zélande, 131 ans après sa mort.
C'est le 13 Janvier 1838, à 27 ans, que Mgr Pompallier célébre sa première messe sur le sol néo-zélandais...
En quelques mois, le prélat français apprend le maori et gagne la confiance et l'estime de ses paroissiens maoris. Il fait l'acquisition d'un bateau, le 'Santa Maria', pour sillonner son immense diocèse. A un chef maori qui lui souhaitait la bienvenue, il donne cette réponse, restée dans les mémoires : "Tu sais combien je t'aime, puisque pour toi et ton peuple, j'ai quitté ma famille et mon pays".
En 1840, il assiste à la cérémonie du traité de Waitangi, qui donne la Nouvelle Zélande à la Couronne britannique. Il demande seulement au Capitaine Hobson la liberté religieuse, avant de se retirer pour ne pas prendre part à la signature du traité. Bon pasteur, mais piètre gestionnaire, il meurt à Puteaux dans l'indifférence, en 1871.
On imagine mal, en France, la notoriété de ce saint-homme aux antipodes. Comme le dit le Père Jean-Yves Riocreux, recteur de Notre-Dame de Paris et aumônier des Océaniens, "(...) il est aussi connu là-bas que Lafayette aux Etats-Unis".
A Paris, une délégation de quarante Maoris a pris possession solennellement des restes du Premier évêque d'Auckland pour les ramener en terre néo-zélandaise. Femmes et hommes ont alors entonné un cantique à la Vierge, composé par Mgr. Pompallier : "Mo Maria aianei", "Notre chant est pour toi Marie".
Il aura fallu 20 années d'acharnement aux catholiques maoris pour voir le retour de l'évêque au puissant "Mana" (prestige) sur les terres de Nouvelle-Zélande. C'est à Motuti, petite bourgade de la baie d'Hokianga, qu'a eu lieu ce week-end la cérémonie d'enterrement des restes de l'évêque en présence de 2500 personnes dont l'Ambassadeur de France en Nouvelle-Zélande, Jacky Musnier, et la reine Maorie Te Atarangi Kahu.
47 prêtres se sont succédés pour célébrer l'événement dans les trois langues, anglais, maori et français. Les évêques de Paris, Tahiti et Futuna ont participé aux célébrations.
Motuti est un village proche du lieu d'établissement de la première mission de l'évêque en 1838. L'église à côté de laquelle ses restes sont enterrés, la Hata Maria Church (Eglise Ste Marie), est construite avec des éléments de l'église originelle construite du temps de Pompallier.
Les autorités religieuses catholiques y voient "un merveilleux événement, tout particulièrement car cette génération a été choisie pour le ramener sur ses terres en mémoire de ceux qui ont marché et vécu avec lui en son temps"
(Père (Pa) Henare Tate, Vicaire épiscopal Maori du diocèse d'Auckland)
C'est donc un grand événement pour les 500 000 catholiques néo-zélandais qui désignent déjà Motuti comme lieu de pèlerinage annuel.
Les médias nationaux ont largement commenté cet événement tout autant que les terribles résultats du premier tour des élections présidentielles françaises tenues le même jour.
Seb
Regardez le trailer du documentaire réalisé par Camera Lucida Production sur cet événement, où l'on découvre que Pompallier était resté un parfait inconnu en France :
Pour la petite histoire, les Frogs ont leurs bureaux dans la rue d'Auckland qui porte son nom !

Commentaires