Avril 2008 - La Chine et la Nouvelle-Zélande signent un accord de libre-échange

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La Chine et la Nouvelle-Zélande ont signé un accord de libre-échange, à Beijing, lundi après-midi. Il s’agit du premier accord de ce genre entre le plus grand des pays en développement, et un pays de l’OCDE.

Une délégation de 150 fonctionnaires et hommes d’affaires néo-zélandais, conduite par la Premier ministre Helen Clark sont arrivés à Pékin lundi, pour une visite de trois jours. Le point d’orgue de ce séjour a été la signature, lundi après-midi, d’un accord de libre échange entre les deux pays. Un accord signé par Phil Goff, le ministre du commerce pour la Nouvelle-Zélande, et son homologue chinois Chen Deming.

« La Nouvelle-Zélande est le premier pays développé à signer un accord de libre-échange global avec la Chine. Cet accord représente un grand succès pour la Nouvelle-Zélande » a déclaré, Phil Goff, avant d’ajouter : « En réduisant les barrières douanières sur les biens de consommation, les services, et les investissements en Chine, l'accord de libre-échange donnera aux hommes d'affaires néo-zélandais un net avantage sur leurs concurrents présents sur le marché chinois ».

La Premier ministre néo-zélandaise Helen Clark a pour sa part affirmé que cet accord donnera aux exportateurs de son pays un accès croissant à un pays dont l’économie bénéficie de la croissance la plus rapide.

La Chine est le quatrième partenaire commercial de la Nouvelle-Zélande, alors que la Nouvelle-Zélande est le 51e de la Chine.
Phil Goff a expliqué qu'étant donné que la Nouvelle-Zélande est classée à la cinquantième place en terme de volume d'exportation, « ne pas avoir réalisé un accord avec la Chine aurait pu faire chuter encore la place de la Nouvelle-Zélande. »
Les échanges commerciaux entre la Nouvelle-Zélande et la Chine ont totalisé 5,9 milliards de dollars (3,757 milliards d'euros) en 2007, une augmentation de 10% par rapport à 2006.

Phil Goff a estimé que les exportations de la Nouvelle-Zélande en Chine devrait croître entre 225 et 350 millions de dollars néo-zélandais (112,7 et 175 millions d'euros) de plus par an, ce qui réduira les frais douaniers d'environ 115 millions de dollars néo-zélandais (57,7 millions d'euros). Actuellement, les principaux exportateurs de la Nouvelle-Zélande sont sujets à des tarifs douaniers de 10 et 20%, a-t-il rappelé.

Quinze rencontres de négociations ont été nécesssaires, depuis juillet 2004, pour parvenir à la signature de cet accord.

L'accord ne couvre pas seulement le commerce de biens de consommation mais aussi les services. La Chine envoie plus d'étudiants étudier en Nouvelle-Zélande que n'importe quel pays et est la quatrième source de touristes pour la Nouvelle-Zélande.

La Chine a pour l'instant déjà signé six accords de libre-échange avec les pays et régions comprenant le Chili et le Pakistan. Elle est en cours de négociation pour des traités du même type avec une de nombreux pays, dont le Pérou, l'Islande et l'Australie. Le Premier ministre chinois Wen Jiabao et Helen Clark ont assisté à la signature de l'accord commercial par le ministre du commerce Chen Deming et son homologue Phil Goff, au Palais de l'Assemblée Populaire Nationale.

Signature de l’accord de libre-échange oblige, les deux chefs de gouvernement ont évité les sujets qui fâchent. Au contraire Wen Jiabao, Premier ministre d’un pays parmis les plus gros pollueur de la planète, a salué les efforts du gouvernement d’Helen Clark de rendre la Nouvelle-Zélande « Carbonne neutre », d’ici 2020. Le Premier ministre chinois a déclaré vouloir travailler étroitement avec Wellington sur le changement climatique, et les technologies pour réduire les émissions de GES ( gaz à effet de serre).

Par ailleurs Helen Clark a indiqué qu’elle avait soulevé la question des droits de l’homme au cours de son entretien avec son homologue chinois. Elle a précisé que la Nouvelle-Zélande n’avait pas bradé son silence sur la situation au Tibet en échange de la signature de l’accord de libre-échange.

Winston Peters, le ministre néo-zélandais des affaires étrangères a exprimé son opposition, et celle de sa formation politique, à la signature de l'accord de libre-échange commercial historique signé avec la Chine le lundi 7 avril.

Cet accord, selon M. Peters, ne prend pas suffisamment en compte le déficit commercial annuel de plus de trois milliards de dollars néo-zélandais entre la Chine et la Nouvelle-Zélande. L’attitude de Winston Peters peut sembler pour le moins inhabituelle pour un chef de la diplomatie qui s'oppose à son propre gouvernement et à la signature d'un accord considéré comme un coup de maître de la politique étrangère néo-zélandaise. Pour le parti National, principal parti d’opposition qui soutient la signature de l’accord, la position de Winston Peters est simplement « électoraliste ». Pour John Key, le leader du parti National, Winston Peters veut simplement afficher sa « différence » à sept mois des élections législatives.

Jérôme Gavelle

Photo : Phil Goff signe l’accord de libre échange sous le regard d’Helen Clark et de Wen Jiabao, lundi, au Palais de l'Assemblée Populaire Nationale, à Pékin

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