Février 2008 - Crise de l'électricité en Nouvelle-Zélande

Crise electricite

Suite à la fermeture vendredi 1er février pour maintenance de l’une des centrales électriques de l’Ile du Nord, les risques de « blackout » sont multipliés et le débat sur la pénurie d’électricité relancé.

Vendredi matin, l’usine de Taranaki fermait pour une durée d’environ deux mois. Peu d’alternatives se profilaient à l’horizon pour prendre le relais dans la production d’énergie dont le système général est un peu âgé et déjà les habitants s’attendaient à une hausse du prix de l’électricité et même à des coupures générales.

D’après la société Genesis, la solution au problème récurrent de production électrique sur l’Ile du Nord serait la construction d’une toute nouvelle centrale thermique (utilisation d’une source de chaleur qui peut provenir d’un combustible brûlé tel que le gaz naturel, le charbon ou le fioul, ndlr).

Mais voilà, le gouvernement néo-zélandais entend bien réduire les émissions de gaz nocifs pour la planète et augmenter de 70 à 90% le nombre de centrales produisant de l’électricité grâce à des énergies naturelles d’ici 2050. Il faut savoir qu’à l’heure actuelle, l’énergie produite en Nouvelle Zélande provient à 55% du pétrole et du gaz, à 10% du charbon et à 35% des énergies dites « renouvelables » (solaire, hydraulique, éolienne).

Un moratoire de dix ans a d’ailleurs été déclaré, mais Genesis tient tête et accepte de négocier le mode d’utilisation de son usine encore en projet. Elle pourrait ainsi ne venir qu’en soutien aux autres modes de production d’énergie et non en complément de manière permanente. La société se justifie également en expliquant qu’il s’agit là d’une réelle nécessité pour l’Ile du Nord qui serait à l’aube d’une crise majeure contrairement à sa grande sœur du Sud qui ne pourra néanmoins pas lui venir en aide d’avantage qu’elle ne le fait déjà (si elle « donne » plus, le phénomène s’inversera et les deux îles se verront dans l’incapacité de produire assez d’énergie durant les mois d’hiver).

Déjà en 2002, une étude menée par le Centre for Advanced Engineering mettait le doigt sur le problème en précisant que « Les usines existantes et en projet ne suffiraient pas à satisfaire les besoins normaux de la population jusqu’en 2010 ». Un an plus tard était lancée une grande campagne de sensibilisation afin que les Néo-Zélandais économisent l’électricité. Le résultat était plutôt encourageant, puisque le Pays avait réussi à faire diminuer de 10% sa consommation annuelle, mais toujours insuffisant.

Les centrales hydrauliques commencent, elles, à manquer d’eau en raison de la chaleur (évaporation de l’eau des rivières provoquant la baisse du niveau de l’eau et rendant donc la puissance du courant insuffisante pour faire tourner les turbines et transformer la force de l’eau en électricité), quant aux éoliennes de la région de Manawatu (sud de Taupo), elles restent désespérément fixes en raison du manque de vent.

Interrogés au sujet des risques de coupures électriques dans les semaines à venir, les lecteurs du New Zealand Herald craignent surtout que la pénurie ne rime avec « augmentation du prix de l’électricité ». Et ils ont raison puisque dès que le courant se fait rare, les chiffres grimpent.

Les avis exprimés sur le site du NZ Herald sont souvent enflammés. Beaucoup critiquent le manque d’engagement des politiques, d’autres l’enrichissement sans investissement des grandes compagnies locales. Certains vont même jusqu’à parler d’installer des centrales nucléaire, un sujet jusqu’alors encore hautement tabou puisque la Nouvelle-Zélande se veut 100% anti-nucléaire. Pour l’anecdote, une lectrice propose de réduire la consommation électrique en été en laissant des petites lampes solaires toute la journée dehors et en s’éclairant avec le soir venu à l’intérieur des habitations. Une solution qui, à défaut de produire réellement de l’électricité pour l’ensemble du pays, a l’avantage d’en économiser un peu et d’être originale…

Florence

Photo : Trust Power Limited

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