Juillet 2008 - 160 ans plus tard, les terres reviennent aux maoris

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Le 25 juin dernier au Parlement de Wellington a été signé un accord historique rendant officiellement aux Maoris de Nouvelle-Zélande une partie des terres qu’ils avaient perdu entre 1840 et 1870 suite à la colonisation britannique.

Cet accord intervient plus de 160 ans après la signature du traité de Waitangi dont les articles deux et trois autorisent la vente de terres maories uniquement à la Couronne et garantissent l’égalité des droits entre Maoris et sujets britanniques.

Au départ, les effets du Traité étaient positifs puisque les Maoris voulaient vendre, les colons acheter et la Couronne s’assurait que le montant des transactions était correct et ne pénalisait pas les Maoris. Mais rapidement, les colons firent pression pour obtenir davantage de parcelles et certains fonctionnaires prirent part dans des transactions illégales dont les conséquences furent tout d’abord la prise par la force des terres, puis les guerres maories qui aboutirent à la confiscation d’une grande partie de Waikato et Taranaki (nord et sud-ouest de l’île du Nord).

Dans son discours d’introduction prononcé au Parlement le mois dernier, le ministre chargé des Négociations sur le traité de Waitangi, Michaël Cullen a qualifié de « tragédie dans l’histoire de la nation » le manquement de la Couronne britannique à ses obligations de respect et d’égalité des droits de l’homme mais aussi des droits terriens des Maoris.

Pour ce qui est de l’accord en lui-même, il comprend d’une part l’attribution (ou plutôt la restitution) de 9 parcelles de forêt d’une étendue totale de 176 hectares et d’une valeur de 196 millions de NZD, le versement de 223 millions représentant les loyers perçus par la Couronne sur ces terres depuis 1989 et 15 millions de loyer actuel par an.

Le principal bénéficiaire est le « Central North Island Collective » constitué de sept « iwi » (tribus) de l’île du Nord, une huitième famille étant invitée à rejoindre le collectif dans les six mois à venir. Au total ce sont 100 000 Maoris qui sont concernés par cet héritage à retardement. Actuellement sous le coup d’un bail de 35 ans, la Kaingaroa Forest reviendra individuellement aux familles membres du collectif à la fin de cette période fixée à 2024.

Au-delà de la réparation financière, les tribus récupèrent une terre sur laquelle leurs ancêtres proches ont travaillé durement au début du XXème siècle lorsqu’il a fallut planter les grandes forêts commerciales.

L’argent reçu sera utilisé pour le développement économique, social et culturel maori et géré par la CNI Iwi Holdings Ltd dont les décisions seront prises par consentement entre le collectif et la Couronne, ceci bien évidemment afin d’éviter tout abus de part et d’autre.

Mais ce n’est pas tout. Dans l’hypothèse où le projet de loi sur le changement climatique serait adopté par la Chambre des représentants (loi présentée mondialement visant à réguler l’émission de CO2 et à indemniser les propriétaires de forêts puisque les arbres absorbent le dioxyde de carbone), le collectif pourrait toucher 40 millions de NZD supplémentaires en ‘crédit carbone’.

Avec la signature de cet accord, le « CNI Collective » devient le plus gros propriétaire terrien et plus gros investisseur en matière de forêts dans le centre de l’île du Nord.

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