Le musée Te Papa en quête des restes ancestraux maoris
Le Muséum de Rouen a officiellement remis à la Nouvelle-Zélande le 9 mai dernier la tête maorie qu'elle conservait dans ses collections depuis 136 ans.
Le point sur cet événement qui s'inscrit dans un projet de rapatriement des restes ancestraux maoris par le Musée Te Papa.
C’est depuis 2007 que la tête maorie conservée au Muséum de Rouen devait être officiellement remise à la Nouvelle-Zélande. Quatre ans de débats ont été nécessaires pour que le ministère de la Culture accepte enfin que la France s'en dessaisisse. Le prétexte qui avait alors été évoqué était celui de « protéger le patrimoine national ». Nous avions d'ailleurs consacré un article au sujet en novembre 2007 : Une tête de guerrier maorie en instance de retour au pays.
Ce n'est que l'année passée qu'une loi ordonnant la restitution de toutes les têtes maories a été votée en France. Le 9 mai dernier, le directeur du Musée de Rouen, Sébastien Minchin, a donc enfin pu officiellement remettre la tête maorie, lors d'une cérémonie, aux représentants du peuple maori. Un acte aussi solennel que symbolique, selon les dires de l'ambassadeur de Nouvelle-Zélande, Rosemary Banks. Ce n'est qu'un début puisqu'il reste aujourd'hui 15 têtes maories en France qui seront retournées d'ici 2012.
Ce retour au pays a tout d'abord fait l'objet de questionnements relatifs à la conservation de la tête maorie en tant qu'« objet de musée ». Avant sa restitution, elle a été modélisée, ne pouvant être ni manipulée ni photographiée conformément aux souhaits du peuple maori. Ce travail a permis de garder une « trace » de la tête et surtout d'entamer les recherches sur l'origine du guerrier maori. Il donne également l'occasion de nourrir les expositions à venir au muséum de Rouen sur le thème de l'Océanie...
500 objets encore manquants !
La restitution de cette tête maorie s'inscrit dans un vaste projet de rapatriement, puisque plus de 180 restes ancestraux ont été récupérés dans 12 pays. Il s'agit maintenant pour le Musée Te Papa de continuer ce travail de collecte pour les 500 objets conservés dans des collections publiques et privées hors de Nouvelle-Zélande. L'objectif est de répondre à la volonté des maoris de voir les restes de leurs ancêtres traités avec dignité et de reposer sur leur terre d'origine. En effet, « les Maoris considèrent que l’âme n’est pas en repos tant que la tête n’est pas enterrée avec le corps dans sa terre natale », a expliqué le directeur du Muséum de Rouen pour le magazine Sciences et Avenir.
Une fois les restes ancestraux revenus en Nouvelle-Zélande, les scientifiques du Musée Te Papa feront un travail d'identification afin de les retourner à leur tribu d'origine. Ils seront ensuite enterrés, les faisant ainsi disparaître pour toujours...
Florence Risueño
