Mars 2002 - Festival de Jazz de Waiheke
Waiheke est bien plus qu'une île, c'est une des perles de la baie d'Auckland. Accessible en 35 minutes de ferry depuis le centre-ville, elle est chère au coeur des Aucklanders. Appréciée pour son cadre naturel somptueux (baies sauvages, collines et forêts), cette grande île toute proche a su attirer artistes, artisans et viticulteurs de qualité qui lui donnent cette saveur toute particulière...
Tous les soirs, de jeunes cadres branchés rentrent chez eux par le ferry, assis sur le pont supérieur, entre ciel, mer et panoramas splendides de la baie d'Auckland. La comparaison avec nos transports en commun européens fait sourire !
C'est donc sur cette île qu'a eu lieu du 28 mars au 1er avril le 11ème Festival de Jazz. Cinq jours de spectacles entre bars et salles communales. Des artistes du monde entier ont été invités à jouer. Parmi les plus célèbres, on peut citer les Américains John Boutté et John Fohl, l'Allemand Christian Willisohn, les Australiens George Washingmachine & Ben Jones Band...et Les Gigolos, un groupe français qui marie avec humour jazz-rock à la Louis Prima et jeu de scène.
Ce groupe d'origine parisienne, composé de 7 musiciens, vient de fêter ses cinq ans d'existence.
Nous avons rencontré entre deux spectacles...Patrick (Trombone et chant), Christophe (guitare), Stéphane (batterie), Michel (trompette), Claude (Saxo), Jean-Marc (Piano) et Jean-Pierre (Contrebasse)
Interview
Comment peut-on appeler le style de votre musique ?
C'est toujours difficile de mettre un nom ! On s'inspire de la musique de Louis Prima, célèbre fin 1950 début 1960, à l'époque où il jouait à Las Vegas dans les casinos. Tout le monde connaît le tube de son orchestre « Just a gigolo »...
Sur scène, vous ne vous contentez pas de jouer, vous offrez à votre public un véritable spectacle !
C'est vrai que notre musique fait bouger les gens. A nos débuts, on se voulait d'ailleurs orchestre de danse, et on se demandait même ce que ça donnerait sur scène. Petit à petit, on s'est senti plus à l'aise avec la musique et on a commencé à inventer une mise en scène.
Comment avez-vous connu le Festival de Jazz de Waiheke ?
Par l'intermédiaire de David Paquette, le pianiste organisateur du Festival. Certains d'entre nous l'avions rencontré dans un festival à Ascona, en Suisse. Il était également venu à Paris pour jouer avec le groupe « Les haricots rouges ». C'est un Néo-Zélandais qui partage sa vie entre l'île de Waiheke et la Suisse. Au début, il était un peu réticent à nous faire venir car il doutait que notre style inspiré de Louis Prima plaise aux Kiwis. Et puis il nous a entendus, et il a été épaté ! Il nous a donc invités à participer à son festival.
Que penses-vous des gens qui sont venus vous écouter ici ? Sont-ils différents du public français ?
Les gens sont très chaleureux, très ouverts et n'hésitent pas à venir nous parler. On est même assez surpris par la qualité de leur accueil ! On peut dire qu'on n'a jamais eu un public aussi réceptif. C'est comme une famille, ils se connaissent tous. Et puis ils se lâchent complètement, c'est bien, ils se manifestent, ils hurlent. Ils ont beaucoup moins de complexes que les Français car ils n'ont pas peur du jugement des autres.
Quelles sont vos premières impressions de la ville d'Auckland ?
Auckland nous a paru un peu rétro mais tranquille, une ville où l'on peut se promener en toute sécurité. Les Kiwis sont cools, c'est très agréable de ne pas avoir cette sensation de stress comme en France. A regarder les gens dans la rue, on se demande d'ailleurs ce qu'ils font pour gagner leur vie ! A Paris, quand on descend de chez soi, on a l'impression d'une espèce de ruche, les gens se rendent à leur travail et en reviennent plus ou moins à la même heure. Ici, on a la sensation de vacances, pas seulement pour nous qui sommes réellement en vacances, mais aussi pour les habitants.
On a également été étonné par les carrefours dans le centre-ville. Tous les feux se mettent au rouge pour les voitures et les piétons traversent en diagonale ! En tout cas on n'a pas l'impression qu'il y ait des problèmes de circulation, le trafic est plutôt très fluide.
Avez-vous eu le temps de sortir un peu de la ville ?
Peu malheureusement, même si certains d'entre nous sommes déjà venus ici l'année dernière. A peine sortis d'Auckland, c'est la campagne, avec des champs à perte de vue, des montagnes, des animaux, des forêts aux arbres superbes. L'île de Waiheke est également magnifique avec beaucoup de reliefs. A chaque virage une surprise vous attend, avec notamment des vues splendides sur la baie. C'est vraiment le paradis ici !
Quelles sont vos impressions générales sur la Nouvelle-Zélande ?
C'est un pays formidable où le racisme n'existe pas. Il y a un vrai « melting pot », on rencontre des gens de tous les continents qui ont l'air de vivre en parfaite harmonie. Aotearoa est loin de tout, c'est ce qui la protège peut-être. Espérons que ce soit le cas encore longtemps !
Seb

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