Mars 2003 - Karapoti, la course diabolique
Tous les premiers dimanches de mars, plus de 1000 athlètes kiwis et étrangers se préparent pour cet événement. Non ce n'est pas le Jour du Seigneur, mais l'épreuve de VTT la plus célèbre de l'hémisphère Sud : la course Karapoti Classic Mountain Race...
Créé en 1986, Karapoti est l'événement sportif le plus attendu de Nouvelle-Zélande dans le domaine du vélo tout terrain. Créé par les frères Kenneth (Paul, Jonathan et Simon), qui ont largement influencé cette discipline, Karapoti est devenu, au fil des années, un rendez-vous attendu par un large public. Une organisation dynamique, des paysages magnifiques et un défi sportif ouvert à tous font de cette épreuve un événement unique dans son genre.
Du tandem au coureur professionnel
Ce n'est pas seulement une course « professionnelle » mais un événement sportif ouvert à tous, quelque soit l'âge et l'origine. Il y a cinq ans, les organisateurs ont instauré plusieurs catégories pour donner l'opportunité aux amateurs d'y participer, notamment le tandem, la famille et le cycliste le mieux habillé ! Course prestigieuse, Karapoti est l'une des plus difficiles et des plus longues du circuit néo-zélandais et australien. Car la vallée d'Akatarawa où elle se déroule au nord de la capitale Wellington, a plus d'un tour dans son sac...
Le circuit diabolique
Tout d'abord, courageux participants, vous devez traverser le fleuve d'Akatarawa. Bon exercice pour vous mettre en jambe, avant d'affronter trois impressionnantes collines. La première porte le nom de « deadwood » (le bois mort). Mais déjà vous ne sentez plus vos cuisses. Courage ! Il vous faut à présent affronter la descente du « rock garden » (jardin de pierre) et déjouer les tours des ces roches malines qui tentent par tous les moyens de vous faire trébucher. Puis c'est la descente aux enfers, le « Devil's staircase » (l'escalier du diable) se dresse devant vous. Affrontez ses chemins glissants à travers marais et jungle. Des étapes qui détruisent l'âme petit à petit... où l'on se demande même si ce n'est pas le diable en personne qui les a conçues !
Les dénivelés de la course. Impressionnant.
Enfin, c'est le retour au Paradis avec le «Big Ring Boulevard» (boulevard du grand anneau). Huit kilomètres de descente avant la dernière étape, la plus difficile, une montée hors catégorie avec des faux plats qui donnent seulement l'impression de s'approcher de la fin ! Mais la descente qui suit s'avère la plus douce de toute. Elle mène les coureurs aux gorges de Karapoti. Apaisante pour le corps et l'esprit, elle marque la fin de la course et la joie des participants d'avoir relevé le défi.
Interview de Tim Vincent, vainqueur de l'édition 2003
Né en 1976, ce jeune cycliste d'un mètre quatre-vingt-quinze vient de remporter la Karapoti Classic Mountain Race en mars 2003 avec un chrono de 2 heures 24 minutes et 23 secondes. Il court actuellement pour les équipes suisses Mérida et Marco-Polo.
Avant de repartir en Europe pour la suite des compétitions, le numéro 2 du VTT néo-zélandais nous a confié le secret de sa réussite.
Que représente cette course à vos yeux ?
Cette course est un événement très attendu en Nouvelle-Zélande. C'est d'ailleurs la plus connue et l'une des plus longues épreuves de montagne. Voilà pourquoi tant de sportifs la respectent et même la vénèrent. Tous les ans, plus de 1000 participants participent à cette course, la plus difficile du championnat ! La terminer est déjà une victoire en soi.
Pourquoi avoir choisir de participer à cette course ?
La Karapoti Classic Mountain est ma course préférée ; très technique, elle exige une excellente forme ! Elle marque aussi la fin de la saison néo-zélandaise, c'est donc un bon test pour démarrer la nouvelle saison de vélo en Suisse. Et puis, le vainqueur a droit à une somme d'argent importante, ce n'est donc pas négligeable!
Comment décrire le parcours ?
C'est un réel challenge dû à la difficulté technique et au nombre de participants.
Avez-vous reçu un entraînement spécifique ?
Les deux principales sections de la course demandent d'intenses efforts physiques. Elles exigent donc un entraînement un peu plus poussé. « The Rock garden » est une partie dangereuse à cause de l'abondance des cailloux et rochers ; je m'entraîne donc sur un terrain similaire dans ma ville natale. Il y a aussi « the Devil's Staircase », une succession de montées. Mon entraînement se résume simplement à courir pour acquérir de la vitesse et de l'endurance.
Si quelqu'un voulait participer à cette course, quels conseils lui donneriez-vous ?
Bien vérifier d'avoir assez de nourriture et d'eau, car cette course peut s'avérer très longue !
Quelles sont vos prochaines compétitions ?
A présent, je cours en Suisse pour la saison d'été. Mes prochaines participations seront la Swiss Cup Series, le marathon pour la coupe du monde, le grand Raid Crystalp, le World Marathon Championship et le World Championship.
Propos recueillis par Isabelle Brière

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