Novembre 2004 - Un mémorial du Soldat Inconnu à Wellington

Soldat inconnu

Près de 90 ans après la fin de la première guerre mondiale, la Nouvelle-Zélande se dote d’un mémorial en souvenir du soldat inconnu, répondant à une demande forte de reconnaissance et de mémoire vis-à-vis des milliers de néo-zélandais morts dans des conflits passés.

Les restes du soldat ont été exhumés le 10 octobre du cimetière du Commonwealth à Longueval dans la Somme en France pour un dernier voyage à travers le globe.
Le soldat a été identifié comme venant de Nouvelle-Zélande grâce aux objets et pièces de vêtements trouvés contre lui.

Les deux guerres mondiales ont laissé une trace indélébile dans les esprits des familles néo-zélandaises et australiennes puisque les forces de l’ANZAC (Australian New Zealand Army Corps) ont participées activement aux combats, notamment dans l’est de la France, dans les balkans et en Afrique du Nord. La Grande-Bretagne, sous la bannière desquelles ces nouveaux pays se battirent, n’hésita pas à envoyer ces troupes en première ligne dans les batailles décisives. Helen Clarke, le premier ministre du pays a elle-même perdu 4 grands-oncles dans cette guerre parmi les 100,000 soldats néo-zélandais participèrent à la première guerre mondiale.

Lors de la bataille de la Somme, 1560 néo-zélandais tomberons au combat. 1275 de ces soldats ne seront pas identifiés et enterrés dans des tombes ou dans des fosses communes. Le soldat inconnu qui a été ramené aurait d’ailleurs été exhumé dans les années 1920 d’une fosse commune.

Arrivé sur le territoire néo-zélandais, le soldat inconnu a fait l’objet de cérémonies émouvantes, dont un accueil traditionnel réalisé par des guerriers maori en tenues (Karanga). La mémoire du soldat inconnu a été honorée par une journée de messes et de recueillement toutes confessions confondues à la cathédrale St Paul de Wellington le 11 novembre, suivi d’une longue procession à travers la ville (et via le parlement) où près de 100,000 wellingtoniens étaient silencieusement présents, avant de finir son long voyage sous la dalle du mémorial au soldat inconnu où il va remplir son rôle de mémoire. Helen Clarke rappelle que cela va permettre aux néo-zélandais de pouvoir honorer la mémoire de leurs morts, souvent enterrés à des milliers de kilomètres.

John Campbell, président des RSA (Returned Services Association – Association d’anciens combattants) parle de l’événement en ces termes : « J’ai regardé les gens dans la rue aujourd’hui et j’y ai vu des néo-zélandais fiers. Le soldat inconnu a été enterré en sol français pendant 88 ans, nous l’avons ramené à la maison pour être accueilli par le sol d’Aotearoa (Nouvelle-Zélande) pour toujours. »

Seb

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