Novembre 2007 - Un peuple en deuil après la victoire française sur les All Blacks

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Les All Blacks, archi favoris de la coupe du monde, idolâtrés par leur peuple, sortent par la petite porte du stade Millenium de Cardiff samedi soir, battus 20-18 par des français qu'on disait prévisibles et en petite forme.

Résident d'Auckland depuis peu, j'ai vécu le match crucial de samedi dernier dans deux ambiances totalement différentes. Une première mi-temps dans un bar d'Auckland, peuplé de locaux peu inquiets pour leur équipe et laissant même échapper des « go on France » ironiques, tellement l'opposition parait alors faible. Confiants, bien que les Blacks semblent bien loin de leur niveau légendaire.

Je décidais donc à la mi-temps d'aller rejoindre le camp français à quelques mètres de là, au Pastis, bar-restaurant français, où nombreux expatriés de l’hexagone s'étaient donnés rendez vous pour supporter notre équipe nationale. L'ambiance montant en puissance suite au retour français et aux rentrées des deux plus populaires joueurs, Chabal et Michalak, c’est le moment où les quelques néo-zélandais présents commencent à douter...

Puis la France passe devant. C’est le début de ces 10 dernières minutes intenses, crispantes. Puis vient l’explosion de joie quant les bleus récupèrent la balle à la 80ème minute ! L’intenable tension se transforme alors en larmes de joie. Après avoir largement fêté la victoire, je repasse devant mon bar local, y trouvant des mines déconfites, abasourdies par le choc.

Le peuple Néo-Zélandais vit au rythme de son équipe de rugby. C’est une passion unique, partagée, rare au niveau mondial ! Le choc est grand…

Il n’est qu’à juger les réactions qui suivent cette élimination dans les médias kiwis pour en mesurer l’étendue. Le pays vit au rythme des analyses de la défaite, des reportages chez des supporters écoeurés, des débats entre ceux qui mettent fortement en cause l’arbitrage de l’anglais Wayne Barnes, et ceux qui ne voit uniquement que la grosse contre performance des Blacks. Bref, beaucoup de passions déchaînées !

De nombreux nationaux accusent Henry Graham, le coach, pour ses choix de préparation de l’équipe et bien entendu l’arbitrage de Wayne Barnes, critiqué principalement pour avoir oublié un en-avant sur un des essais français. Des menaces de mort lui ont même été adressées sur certains blogs !

Le premier ministre du pays, Helen Clark, a su raison garder et fait preuve de sagesse en affirmant qu'elle "aurait aimé voir les All Blacks pratiquer un meilleur rugby pour ne pas dépendre des décisions d'arbitrage".

Depuis, le pays se remet doucement de son traumatisme.

Thomas

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