Novembre 2008 - Elections, un nouveau visage à la tête du pays ?

vote green

Le 8 novembre prochain, le Parlement néo-zélandais entrera dans sa 49ème législature. Et tandis qu’Helen Clark brigue un 4ème mandat en tant que premier ministre et chef du gouvernement, beaucoup pressentent que 2008 sera l’année du changement.

Après neuf années passées à diriger le gouvernement néo-zélandais, l’actuel Premier Ministre semble être sur la sellette. Beaucoup de critiques, des concurrents qui montent dans les sondages et un scandale financier impliquant l’un de ses ministres n’ont pas aidé à sauver la côte de popularité d’Helen Clark.

Le Labour Party d’Helen Clark et le National Party de John Key sont les principaux partis comparables au parti Démocrate et au parti Républicain aux Etats-Unis. En marge, le Green Party et NZ First (extrême droite) espèrent bien aussi tirer leur épingle du jeu avec des promesses bien entendues opposées. (image : une des affiches du Green Party, assurément le meilleur message de cette campagne)

Mais avant de rentrer dans la campagne, petit rappel sur le mode électoral kiwi. Début novembre, les électeurs vont se rendre aux urnes pour voter deux fois ; la première pour un représentant local (par circonscription) et la seconde pour un parti avec à sa tête un leader (le prétendant au poste de Premier Ministre en cas de victoire). Il n’y a qu’un tour et seuls les partis ayant obtenu 5% des suffrages ou bien l’acquisition d’un siège d’élu lors du vote par circonscription seront présents à la Chambre des Représentants pour une durée de trois ans.

Depuis 2005, une côte de popularité en dent de scie

En 2005, après déjà deux mandats en tant que Premier Ministre, Helen Clark remporte pour la troisième fois la course au Parlement de seulement deux petits points sur le National Party, avance qu’elle maintiendra pendant le premier semestre 2006 dans les sondages.

En mai, la tendance s’inverse, puis début 2007, l’arrivée de John Key à la tête du principal parti de l’opposition creuse davantage l’écart; Key est alors donné favori lors d’un sondage sur le candidat que les Néo-zélandais voudraient avoir comme Premier Ministre.
Au cours de l’année 2007 et début 2008, le Labour Party est entre 8 et 18 points derrière le National, alors à 50% des intentions de vote.

Derniers chiffres en date, en septembre / octobre, Helen Clark et son parti étaient côtés aux alentours de 37% contre toujours 50% pour John Key.

Opinion2008
Source Wikipedia.

Moins de taxe : l’engagement numéro 1 des candidats

C’est LA promesse électorale du moment, celle qui semble à elle seule pouvoir faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. La plupart des partis en lice mentionnent ce point lors de leurs interventions dans la presse, mais il semblerait que dans le duo de tête il s’agisse véritablement d’un défi à qui mieux mieux pour diminuer les taxes et ainsi remonter le moral financier et psychologique du Pays.

Tandis qu’Helen Clark annonçait plus tôt dans la campagne électorale une baisse comprise entre $11.92 et $21.73 par semaine (puis entre $21.73 et $55.19 en 2011), elle mettait également en garde les électeurs quant aux déclarations à venir de son principal adversaire sur le sujet, déclarant que si celui-ci exposait des chiffres très élevés, il faudrait se méfier, puisque l’argent dépensé pour combler ces baisses ne serait pas injecté dans le système de santé ou dans le développement des transports publics notamment.

Mardi 7 octobre, John Key a mis fin au suspens en dévoilant sa position sur le sujet. Le National Party a donc décidé de revoir ses chiffres à la baisse (chiffres non encore dévoilés à l’heure où nous publions cet article), précisant qu’il s’agit d’un plan économique général et non seulement d’une baisse des taxes. Ces mesures prendraient effet en avril l’an prochain et permettraient, selon le leader de l’opposition de « promouvoir la croissance des entreprises dans une période où les prix de l’immobilier chutent et de nombreux néo-zélandais se retrouvent sans emploi. ».

Le National Party se bat aussi sur un autre terrain beaucoup plus populiste, celui de la ‘sécurité’. A l’instar d’un autre grand parti dans un autre grand pays dont les élections commencent aussi en Novembre, les affiches promettent une ‘tolérance zéro’ pour le crime et le durcissement des lois liées aux remises de peine sur parole notamment. Un discours qui étonne dans un pays ou le crime reste relativement faible en rapport à d’autres grands cousins anglo-saxons, mais qui semble recevoir un accueil favorable.

John Key, l’adversaire numéro 1

"Les Néo-Zélandais se battent avec une économie en récession", commentait John Key encore il y a quelques semaines. "Le 8 novembre, ils ont la possibilité de tirer un trait sur les trois dernières années et de décider d'un nouveau départ".

Dans les rangs du Labour, ces paroles sonnent faux et on affirme que certaines promesses du National ne sont que de la poudre aux yeux. Concernant le dispositif d’épargne retraite KiwiSaver ou encore la banque néo-zélandaise Kiwibank par exemple, John Key aurait assuré vouloir conserver les programmes du gouvernement actuel, mais en août dernier, l’un des membres du parti de l’opposition, Bill English aurait déclaré « le National Party voudrait vendre Kiwibank, mais pas tout de suite».

Dans un sondage mené par la chaîne de télévision TV3, 47.5% des personnes interrogées pensent que John Key et son parti ont un programme non dévoilé concernant certaines mesures précédemment mises en place.
On parle également de mensonges concernant son implication financière dans la société TranzRail dans laquelle il détient des parts (créant clairement un conflit d’intérêt étant donné son statut de porte-parole sur les transports au sein du National), mais malgré cela Key reste le grand favori et le concurrent direct d’Helen Clark.

L’épisode Winston Peters

Et puisqu’on parle de mensonge, impossible de ne pas mentionner le scandale financier autour de Winston Peters ! L’actuel ministre des Affaires Etrangères est accusé de n’avoir pas déclaré des dons perçus par son parti le NZ First pour financer sa campagne dans la région de Tauranga. Mais ces mystérieux $100,000 ne sont pas les premiers à avoir été passés sous silence puisque déjà en 2005, $25,000 avaient été gracieusement offerts au parti de Winston Peters sans en informer qui que ce soit comme c’est pourtant la règle pour des dons de plus de $10,000.

Autant de rebondissements qui font mal à l’image d’Helen Clark, car même si Winston Peters n’est pas issu du Labour, il est l’un des membres de son gouvernement et si le Premier Ministre ne prend pas de mesure sanctionnant Peters, elle perd également sa crédibilité et la confiance de l’électorat néo-zélandais.

Les autres partis en lice peuvent faire la différence

Si Winston Peters est arrivé au gouvernement sans que son parti n’ait remporté les élections, c’est parce que le Labour a passé des accords avec les partis minoritaires afin d’avoir l’appui du plus grand nombre de représentants possible lors du vote des projets de loi.

Depuis 1951, aucun parti politique n’a obtenu la majorité absolue (sièges d’élus par circonscription et par parti confondus). C’est ainsi qu’en 2005, Helen Clark a dû composer avec les sièges du NZ First de Winston Peters (7), de United Future (2) et du Green Party (6) en échange de postes de ministres.

Florence B

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