Octobre 2006 - Retour de l'affaire du Rainbow Warrior
Le fâcheux dossier « Rainbow Warrior » n’aura pas fini de faire couler de l’encre. A sept mois des élections présidentielles en France, cette affaire, vieille de 21 ans, resurgit dans la presse française et néo-zélandaise, jusqu’à faire la « Une » de grands quotidiens français. L’épisode aura pourtant été de courte durée cette fois-ci. La Nouvelle Zélande a exclu toute nouvelle poursuite...
Revenons aux faits : L’affaire resurgit dans le quotidien Le Parisien du 29 septembre 2006, suite aux révélations d’Antoine Royal, frère cadet de Ségolène Royal, candidate à l'investiture présidentielle socialiste. Celui-ci a indiqué dans un entretien au journal qu’un de leurs frères, Gérard Royal, ancien nageur de combat, aurait posé la bombe sur le bateau de Greenpeace, qui avait été coulé en 1985 par des agents français de la DGSE dans le port d'Auckland. Le sabotage avait fait un mort, Fernando Pereira, photographe et militant de l’organisation écologiste.
Curieusement, cette histoire a éclaté au lendemain de l’entrée officielle de Ségolène Royal en campagne pour l'investiture présidentielle du PS et au moment où les sondages lui étaient très favorables.
Les réactions de la classe politique en France, tant chez les socialistes que chez la droite, ont été toutefois prudentes.
Ségolène Royal s’est déclarée « surprise » par ces révélations au lendemain de sa déclaration de candidature, et s’est demandée si cette polémique était « justifiée » ou s’il s’agissait d’ « une peau de banane ».
Laurent Fabius a indiqué ironiquement sur France 2 si l’affaire, arrivée il y a plus de 20 ans, est remise sur le tapis, « c'est sans doute une coïncidence, un hasard total… pour mettre en cause Mme Royal alors qu'elle est candidate à la candidature et peut-être pour me mettre en cause aussi puisque je suis candidat ». Laurent Fabius avait été premier ministre au moment du sabotage du Rainbow Warrior.
Cette polémique a été qualifiée de « faux débat », de « manœuvre politique », de « lamentable » par certains dirigeants politiques estimant que cela n’avait rien à voir avec la politique, mais ce qui importait, était le programme des candidats et leur passé personnel, pas celui de leur famille. D’autres ont trouvé l’irruption de telles révélations « malvenue » dans la campagne. Ou encore qu’il s’agissait d’une « affaire de famille » interne au PS.
L’implication de Gérard Royal dans le sabotage du Rainbow Warrior avait été une première fois révélée par L’Express en 1995. Mais le magazine avait indiqué que le frère de Ségolène Royal se serait contenté de piloter le canot pneumatique utilisé pour approcher le navire. Propos qui ont été confirmés récemment, sous couvert de l'anonymat, par un spécialiste des services secrets.
En Nouvelle Zélande, les réactions ont été également prudentes. A la suite de la publication de l’entretien d’Antoine Royal dans Le Parisien, Le Premier ministre Helen Clark a déclaré que la police rouvrirait l’enquête mais elle a jugé, peu probable, la demande d’extradition de Gérard Royal, rappelant que le dossier avait été clos en 1991 par les deux gouvernements.
Le Premier Ministre a finalement indiqué, la semaine dernière, que son pays excluait toute nouvelle action policière dans le souci de respecter les engagements avec la France.
Khadija

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