Peu d'enthousiasme en Nouvelle-Zélande pour la Coupe du Monde de foot

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A la question de savoir s’ils vont suivre les rencontres de la coupe du monde de football, la plupart des Kiwis montrent une superbe indifférence. Mais cette apparente froideur pourrait bien se transformer en chaude ferveur si les All Whites gagnent leur premier match.

A J-15 mois du coup d’envoi de la coupe du monde de rugby, les spots publicitaires qui vantent l’événement sont déjà diffusés régulièrement sur toutes les chaînes de télévision. Mais à seulement sept jours du coup d’envoi du match d’ouverture de la coupe de monde football Afrique du sud- Mexique, le ballon rond peine à passionner les Néo-zélandais. Car même si le capitaine des All Whites, l’équipe nationale néo-zélandaise, pense qu’ « au cours de la coupe du monde n’importe quelle nation peut battre n’importe quelle autre », le public et les commentateurs sportifs peinent à y croire.

Car le défi est de taille, les champions du monde en titre l’Italie, le Paraguay et la Slovaquie sont dans le groupe des Kiwis considérés comme la plus faible équipe du tournoi. Mais l’espoir et le rêve des supporters kiwis commence à naître au pays de l’ovalie, surtout après la victoire des All Whites sur la Serbie, la semaine dernière. Et Chris Rattle le commentateur sportif du quotidien New-Zealand Herald énumèrait cette semaine dix raisons d’être optimistes, parmi lesquelles : le fait de jouer la Slovaquie, seconde nation plus faible du tournoi sur le papier, une équipe italienne vieillissante, un Ryan Nelsen ( capitaine des All Whites) très solide, et le fait que les Kiwis n’ont rien à perdre…

Ce qui est sur c’est qu’il faudra du résultat pour enflammer le public kiwi. D’abord parce seulement onze matchs sur les 64 de la compétition seront diffusés sur la chaine publique, et en différé. Les autres sont uniquement diffusés sur les chaînes cablées et payantes. Et si les écrans géants sont prévus pour l’an prochain et le Mondial de rugby, rien n’est prévu pour le tournoi d’Afrique du sud. Même à Wellington, capitale du football néo-zélandais, qui abrite le seul club professionnel du pays, le Phoenix FC. Un club qui ne joue pas au sein du championnat néo-zélandais mais dans le tableau australien. Car tous les joueurs du championnat kiwis sont amateurs et trois d’entre eux sont sélectionnés parmi les 23 All Whites !... Les 19 autres jouent à l’étranger. Mais qu’importe pour Ricki Herbert, l’entraîneur des Néo-Zélandais, l’heure n’est plus ou doute : « Nous sommes très ambitieux même si nous savons que nous n’avons pas une poule facile, mais nous pouvons surprendre. L’équipe est extrêmement motivée et apprécie pleinement la chance de pouvoir participer à ce tournoi. »

Alors les Kiwis crééront-ils la surprise du Mondial 2010 ? Les All Whites détrôneront-ils leurs cousins Blacks de leur piédestal ?
« Je crois que derrière leur sceptimisme primaire vis-à-vis du foot, les Néo-Zélandais vont être curieux et attentifs aux résultats de leur équipe. L’engouement des Kiwis se manifestera si les All Whites marquent un but, il deviendra énorme s’ils gagnent un match, et je n’imagine même pas ce qu’il pourra être s’ils passent le premier tour », estime Greg Larsen, secrétaire général adjoint de la Confédération océanienne de football.

Surprise ? Miracle ? La mission des All Whites est de taille et les Kiwis seront fixés sur les capacités de leur équipe nationale à les émouvoir dès le 15 juin prochain lors de la rencontre Nouvelle-Zélande-Slovaquie.
« La coupe du monde de football ? C’est quand », questionne Ian Harris, garagiste à Auckland. Une question qui résume l’attitude d’une grande partie de la population néo-zélandaise. « On est une nation du rugby pas du foot ! », précise pour plus de clarté Simon, conducteur de bus. Anthony, étudiant et joueur de rugby va plus loin : « Non je vais pas regarder le Mondial ou alors juste les matchs des All Whites et la finale. Mais à mon avis c’est une perte de temps pour les Kiwis. Le foot n’est pas assez important ici. Le gouvernement devrait couper les subventions pour le foot et les dédier au rugby. »

Mais derrière cette froideur apparente, tous les Néo-Zélandais ne sont pas aussi indifférents que cela à l’événement. Pour preuve, le stade de Wellington, où avait lieu le match de qualification entre les All Whites et Bahrein en novembre dernier, était plein à craquer soit 35 000 spectateurs, et les pubs qui retransmettaient la rencontre en direct, affichaient complets.

« Je vais regarder les matchs que dispute la Nouvelle-Zélande et les phases finales du tournoi, confie Elizabeth, une mère de famille. J’ai un fils qui joue au rugby et l’autre au foot. Je suis plus tranquille quand je vais voir un match de ce dernier. Le premier rentre blessé à la maison une fois sur deux. J’espère que la participation de la Nouvelle-Zélande à ce tournoi va contribuer à l’essor du foot ici. »

Le chiffre : 10 millions de dollars

La qualification de la Nouvelle-Zélande aux phases finales de la coupe du monde s’est accompagnée d’un chèque de 10 millions de dollars offert par la FIFA. L’occasion pour la fédération néo-zélandaise de football de mettre à profit cet argent et cet engouement populaire pour développer le football au niveau national. Car la Nouvelle-Zélande n’avait pas connu un tel intérêt pour le ballon rond depuis 27 ans lorsque les All Whites avaient été qualifiés pour la coupe du monde 1982 en Espagne. Aujourd’hui, le nombre de licenciés juniors est quasiment équivalent pour le rugby comme pour le football. Mais au-dessus de cette catégorie d’âge, la tendance va nettement pour le ballon ovale. Et les matchs du championnat néo-zélandais de football n’attirent que quelques centaines de spectateurs dans le meilleur des cas.

Jérôme Gavelle

Commentaires

  • ... - Par Seb le 16/06/2010 09h06

    Un intérêt qui grandit après le 1-1 face à la Slovaquie ce 15 juin. L'article du NZ Herlad : http://www.nzherald.co.nz/soccer-football/news/article.cfm?c_id=86&objectid=10652222&pnum=2