Septembre 2005 - Elections, un troisième mandat pour Helen Clark ?

elections 2005

Ce sera aux électeurs néo-zélandais d'en décider le 17 septembre prochain lors des élections générales. Ils iront aux urnes pour désigner les membres du Parlement et choisir ainsi leur nouveau gouvernement.

Le Parlement néo-zélandais est constitué d'une chambre unique, la chambre des représentants (parlement monocaméral), et compte 120 membres élus à la proportionnelle mixte pour trois ans. En 1993, le gouvernement a fait adopter par referendum un nouveau mode de scrutin à la proportionnelle (MMP system) mis en place depuis 1996. Chaque électeur dispose ainsi de deux voix, l'une pour un candidat local et l'autre pour un parti politique.

Le gouvernement est actuellement dirigé par la première ministre Helen Clark (Parti travailliste, Labour) depuis 1999. La Nouvelle Zélande est une monarchie parlementaire dont le Chef de l'Etat est la reine d'Angleterre. Cette dernière ne joue pas de rôle actif dans les affaires du pays et est représentée par un gouverneur général, actuellement Dame Sylvia Cartwright, nommé pour cinq ans et qui a pour fonction de convoquer et dissoudre le gouvernement ainsi qu'appliquer les lois.

Mme Clark a officiellement annoncé dans un communiqué de presse le 25 juillet dernier, la date des élections, et a demandé au gouverneur général de dissoudre le Parlement le 11 août. Elle est en lice pour un troisième mandat consécutif. Six autres partis candidats sont représentés au Parlement dont le Parti National de centre-droite (National Party) qui est la principale formation d'opposition, le "New Zealand First Party" (centre droit), l'"Act" (droite), l'"United NZ", les Verts et le Parti Maori.

Selon les derniers sondages, le parti travailliste devance légèrement le parti national de 3 points et affiche un score de 43%. Le parti national est en hausse de 3 points avec 40 %. Le parti des Verts se positionne en troisième place avec 7% suivi par le New Zealand First (5%) et ACT (2 %). Enfin United Future et le parti maori récoltent 1% chacun (Source NZ Herald).

Malgré une récente remontée du parti national dans les sondages, les journaux néo-zélandais donnent néanmoins l'avantage au parti travailliste de Mme Clark. Cette dernière semble confiante pour un troisième mandat. Autorité, crédibilité et valeur sont les trois mots clés de sa campagne électorale. Elle a indiqué dans un communiqué de presse que les Néo-zélandais ne souhaitaient pas un changement radical de politique et que le parti national ne ferait que faire marche arrière. C'est pourquoi elle se représentait.

Aux yeux de l'opinion publique, Mme Clark offre l'image d'une femme arrogante, austère, ambitieuse et sans état d'âme. Mais elle reste pourtant une femme intelligente à forte personnalité, ce qui séduit un grand nombre d'électeurs.

Helen Clark espère appuyer sa campagne en soulignant les nombreux succès accomplis au cours des deux mandats. « Nous sommes fiers de ce que nous avons réalisé, a déclaré Helen Clark dans un communiqué de presse. Mais nous sommes bien conscients des efforts à venir pour améliorer la vie de tous nos concitoyens. Notre pays est sur la bonne voie et nous devons poursuivre dans cette direction. »

Le parti travailliste a une base solide contrairement à son principal adversaire. Il possède actuellement 52 sièges sur les 120 sièges du Parlement. Il pourrait constituer une alliance avec le parti des Verts qui le soutient depuis 1999.

Le National Party, l'opposition officielle, est dirigé par l'ancien gouverneur de la Banque Centrale, Don Brash, depuis octobre 2003. Mr Brash devra chercher une alliance électorale avec les deux partis de droite, New Zealand First et ACT, pour espérer obtenir le maximum de voix. Son parti dispose actuellement de 27 sièges au parlement. Il lui faudra rallier une opposition crédible autour de lui pour pouvoir prétendre au poste de premier ministre. Sa politique anti-nucléaire reste toutefois ambiguë. Il avait été accusé par le gouvernement d'avoir déclaré à des responsables américains en visite dans le pays qu'il s'engagerait dans la voie du nucléaire, propos qu’il a démentis. Helen Clark a profité de l’occasion pour réaffirmer une position antinucléaire soulignant que la Nouvelle-Zélande s'est proclamé pays non-nucléaire depuis 20 ans et que cette politique sera maintenue tant que le parti travailliste sera au pouvoir.

Les deux partis s'opposent également au sujet de la campagne américaine en Irak. Le gouvernement actuel a refusé toute coopération et n'a pas envoyé de troupe en Irak.

Sur un plan économique, c'est principalement le budget prévisionnel et le brûlant sujet des taxes qui opposent les deux partis et qui suscite le plus d’attention parmi l’électorat d’après un sondage réalisé par Herald DigiPoll (New Zealand Herald). Le parti national prône une politique des réductions de taxes directes alors que le parti travailliste privilégie les familles. Autre enjeu principal, celui de l’éducation et de la restructuration du système scolaire NCEA – objet d’un scandale l’an passé suite aux échecs des résultats scolaires. Viennent ensuite la santé, le chômage et l’immigration.

Le faible taux de chômage - 3,7% au cours du deuxième trimestre 2005, soit le taux de chômage le plus bas des pays membres de l'OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économique) - pourrait jouer en la faveur du parti travailliste.

L'immigration, principalement l'arrivée massive d'immigrants d'origine asiatique est également un sujet sensible puisqu’il remet en question l'identité néo-zélandaise et menace le fragile équilibre ethnique d'un pays de 4 millions d'habitants. Pour certains Néo-zélandais, cette immigration constitue même une menace contre leurs droits.

Parmi les autres dossiers de politique intérieure figure le dossier maori. Un sujet préoccupant dans la mesure où il remet en cause le modèle d'intégration néo-zélandais. Les gouvernements qui se sont succédés depuis des décennies ont cherché à conduire et défendre une politique de soutien envers la communauté maorie. Mais dans les réalités sociales d'aujourd'hui, les maoris font face aux mêmes difficultés que par le passé, à savoir un taux de chômage, de criminalité, d'échec scolaire, de violence familiale alarmants par rapport à la moyenne nationale. Une partie de la population, en particulier les partisans du Parti national, reproche malgré tout au gouvernement de céder aux exigences des maoris. En 2003, le débat s'était envenimé lorsque les Maoris avait réclamé compensation pour la perte des zones côtières et des fonds sous-marins (seabed and foreshore) en référence au traité de Waitangi. Le gouvernement avait alors voté une loi garantissant un libre accès au littoral à tous les citoyens néo-zélandais, qui avait provoqué le mécontentement de la communauté maorie.

Aux élections du 27 juillet 2002, le parti travailliste avait récolte 41,3% des voix, et avait formé un gouvernement minoritaire. Quant au parti national, il avait subit une cuisante défaite avec seulement 21% des voix.

Khadija

* L'image de l'article provient de la campagne d'affiches du National Party. Incisif, direct et très représentatif des thèmes sensibles dans l'opinion publique

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