Catherine Garet, portrait d'une artiste en herbe

catherine garet

Installée depuis 14 ans à Auckland, Catherine Garet, originaire de Normandie, est une passionnée d’art et gardait toujours en tête l’idée de devenir un jour artiste. C’est en Nouvelle Zélande qu’elle réalise son rêve.

« Je trouve que la Nouvelle Zélande est un tremplin à de nouvelles carrières, explique Catherine Garet. En ce qui me concerne, j’ai eu l’opportunité de rencontrer les bonnes personnes en Nouvelle Zélande. C’est un petit pays où il est plus facile de débuter dans l’univers artistique. La persévérance et le désir ont été aussi, pour moi, les atouts dans le lancement de ma carrière. C’est ce que je dirais aux jeunes qui souhaitent s’orienter dans ce domaine ».

C’est en 1987 que commence son histoire… Alors âgée de 24 ans et diplômée d’une licence d'Art, elle quitte la maison familiale du Val d’Oise pour s’installer en Angleterre. Curieusement, la vie la mènera vers d’autres horizons. A Londres, ce sont surtout des Australiens et des Néo-zélandais qu’elle rencontre. Après 3 ans dans la capitale anglaise, elle se décide à partir pour la Nouvelle Zélande.

Là-bas, elle est séduite par la beauté des paysages, la vie au bord de mer qui lui rappelle sa Normandie, et la convivialité des gens. C’est aussi la découverte d’une culture complètement différente. « Je m’attendais à une culture très anglophone. Je trouve par exemple qu’Auckland est un carrefour de cultures entre l’Asie, le Pacifique, l’Europe et les États-unis », affirme-t-elle.

Elle exerce différents métiers. Hôtesse de l’air, informaticienne, documentaliste, agent consulaire. Après 10 ans sur la terre d’accueil, elle fait un premier bilan. C’est aussi une époque qui coïncide avec une douloureuse rupture. Alors, elle plie bagage...vers la terre natale, vers le passé.

C’en est-il vraiment fini de la Nouvelle Zélande ?

Six mois passés à Paris lui confirment que non et qu’elle a encore à apprendre de cette terre du bout du monde. L’opportunité tant attendue se présente enfin. Elle reprend ses études et s’inscrit à une licence d’art plastique à l’Université de Technologie d’Auckland. A l’issue de ses deux premières années, elle obtient un fellowship, une bourse récompensant les meilleurs étudiants. Cela lui permet de poursuivre son rêve... Elle travaille sur différents projets vidéo qui reflètent son goût pour l’image artistique.

Dans Frammento, un de ses premiers courts-métrages, sa passion se réveille, ses souvenirs d’enfance aussi. Son lieu de mémoire, sa maison d’enfance – les murs, leurs lézardes, leurs recoins, l’odeur de cire du parquet poli – est tel « un dédale d’images, que la distance dans le temps et l’espace a crystallisé dans la nostalgie ».

En référence à Eva Hoffmann, écrivain juive émigrée qui définit l’exil comme une fracture psychique et le passé « séquestré dans l’imagination comme un royaume mythique immuable », le travail de Catherine décrit «l’idée du double ». « Ma situation d’immigrée m’a amenée à définir la réalité en terme d’impermanence; mon travail se fait l’écho de l’idée du double. »

Le passé est ainsi perçu différemment par chaque individu. Il peut être « idéalisé » ou « diabolisé ».

« Certaines personnes décident d’abandonner leur passé, de ne jamais regarder derrière. Pour d’autres, le formidable leurre de la nostalgie -un excès de mémoire- continue d’agir. Avec une mémoire perpétuellement en surcharge, les exilés voient double, sentent double, sont doubles. »
Frammento traverse les frontières et est visionné dans trois festivals du film. Il sera même sélectionné à la finale du festival international Kansk de la vidéo en Russie en septembre 2004. Les premiers échos sont positifs…

Footnote, son court métrage, qui fut présenté au festival Ignite à Auckland en 2005, est une série d’interviews sur le thème de « home », le chez-soi. Chaque personne devait répondre à la question « what does mean home for you ? » Quel est votre chez soi selon vous ?

Catherine reconnaît que le chez-soi est le concept le plus difficile de notre vocabulaire psychique à expliquer d’un point de vue émotionnel. Le plus souvent, « ce mot est associé aux souvenirs d’enfance, à un lieu particulier, chaleureux, sécurisant, lié aux parents et aux proches, mais également aux notions de fragmentation et de transition. Le concept de chez soi est différent dans chaque culture, il reste cependant associé à la notion d’identité ».

Catherine choisit K-road pour interviewer les passants, un choix qui s’avère subtil puisque son travail regroupe tous les styles : éclectique, jeune, groovy, artistique, baroudeur, citadin… très représentatifs de la rue la plus branchée d’Auckland. « Footnote représente un échantillon de la population néo-zélandaise à un temps et un lieu définis, symbolisant ce qui nous unit en tant qu’êtres humains. »

Khadija

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