Gautier, designer de voile
Pourquoi as-tu décidé de partir en Nouvelle Zélande ?
En fin de formation de cycle ingénieur j'avais l'opportunité d'effectuer un stage. L'étranger était une possibilité qui s'offrait aux élèves. Je voulais sortir de l'ordinaire, découvrir, explorer, aller à la rencontre de nouveaux paysages, de nouvelles cultures. Un stage peut-être, mais qui allait orienter mon avenir professionnel. Il ne fallait pas badiner. J'avais choisi mon cursus dans le but de travailler dans le domaine de la voile ou tout au moins dans le milieu du sport.
C'est donc motivé par ces 2 aspects que j'envoyais CV et lettres de motivation aux voileries des quatre coins du monde.
Il s'est trouve qu'une des voileries la plus réputée au monde, North Sails NZ, a répondu favorablement à ma demande.
J'allais donc me retrouver au milieu des " grands " dans le pays qui recevait l'une des plus célèbres courses a la voile et l'un des plus prestigieux trophée sportif, l'America's Cup. Cap sur la NZ !
Pour visiter le pays, quelle est la meilleure façon de voyager selon toi ? Formule tout organisée, backpackers, avion, rail ?
La Nouvelle-Zélande c'est la cohabitation de voitures rutilantes et moins rutilantes, très bon marché et qui roulent malgré tout. Alors pour se fondre dans le paysage, le plus simple c'est d'adopter la voiture, d'autant que l'essence coûte deux fois moins cher qu'en France. A plusieurs la location d'un camping-car est une façon conviviale de découvrir le pays. Si je ne vous convainc pas, la quasi-inexistence de tout autre réseau de transport le fera a ma place. Attention tout de même aux routes goudronnées qui ont la fâcheuse tendance est se transformer en sentier de gravier sans crier gare.
Sur les longues distances l'avion est une option à envisager (AIR NZ et Qantas offre les tarifs les plus avantageux sur les vols domestiques). Les prix sont vraiment compétitifs.
Evitez les tours organisés comme Kiwi Experience qui fonctionnent en circuits fermés et se transforment en tournée des pubs. Prenez votre balluchon et allez à la rencontre des locaux, très accueillants. On peut toujours trouver un moyen sympa et peu onéreux de se loger et de voyager. Les backpackers sont aussi l'occasion de se côtoyer d'autres voyageurs et de réajuster l'itinéraire initial au fil des jours.
Comme tu es resté, qu'est ce qui t'a donné envie d'y vivre ?
La Nouvelle-Zélande, ça sonnait comme un rêve ! Une fois sur place,c'était encore mieux ! Des plaisirs simples et un style de vie détendu.
Passionné de voile mais également d'activités " Outdoor " en tout genre, j'étais au paradis. La nature s'offre à vous, variée, contrastée, verte, préservée et hospitalière (pas de serpents mortels, d'araignées au venin foudroyant ou de mammifères féroces avides de sang. Le plus gros mammifère sur l'île est probablement l'opossum, de la famille des marsupiaux comme son cousin australien le koala, de la taille d'un lièvre). Coté boulot, le rythme et l'ambiance y sont décontractes et amicaux. Les opportunités sont nombreuses et les collègues souvent bienveillants.
Enfin, Auckland présente les avantages d'une grande ville (1,5M d'habitants) tout en étant bordée par la mer, omniprésente et de verdure jusqu'au coeur de la cité aux nombreux parcs étendus.
Mes 6 mois de stage ne m'avaient pas permis de voyager beaucoup dans le pays ! Il fallait que je reste. J'ai donc bouclé mon diplôme par équivalence à l'université d'Auckland et suis parvenu à convaincre mes employeurs de me garder encore un peu. L'America's Cup aura jouée en ma faveur. Et puis, juste entre nous, j'y ai rencontré ma moitié, une habitante du monde, comme moi. Vous comprenez pourquoi c'est décidément mon paradis !
Depuis combien de temps vis-tu là -bas ? Quel visa avais-tu obtenu pour pouvoir partir ? Est-ce difficile de renouveler son Visa ?
Voici plus de 8 ans que je vis en NZ. Je suis même néo-zélandais désormais et occupe un poste plus important chez North Sails. Pour ce qui est du visa, une fois consenti les allers retours au bureau de l'immigration et les heures interminables d'attente avec une preuve d'offre d'emploi et les papiers en règle, on finit en général par réussir a renouveler son visa ou obtenir sa résidence. Comme toute administration il faut être patient et jouer fin...
Quelles ont été les démarches en France ?
J'ai obtenu mon premier visa via l'ambassade de NZ à Paris muni de mon offre de stage et de la convention qui va avec. Mon billet d'avion en poche, le reste fut de l'improvisation !
Une fois là -bas, quelles ont été tes premières démarches (Travail, appart, amis) ?
Première chose à mon arrivée, me faire connaître de l'entreprise qui m'accueillait et puis direction le backpacker comme QG pour trouver un logement plus définitif. Une semaine aura suffit pour que je trouve une maison et ses 4 habitants qui m'offriront de partager leur toit et leur quotidien moyennant finance bien sûr. Désormais, j'ai mon propre chez moi avec ma femme.
Quels ont été les obstacles ? En France et sur place ?
Mon école en France et son administration conservatrice (désolé du pléonasme) n'ont pas toujours facilité les démarches : ça doit faire partie de la formation ! En revanche, les étudiants français sont des privilégiés : on ne paye que les frais de scolarité locaux pour le 3ème cycle. Il faut savoir que les inscriptions à la fac sont normalement trois fois plus chères pour les étrangers.
Il y a aussi la décision de vivre loin de sa famille, des amis et de ses repères. Les Kiwis restent malgré tout des anglo-saxons.
Comment ont réagi ton entourage et tes amis ?
Les amis sont toujours enthousiastes et viennent nous voir. Partir loin c'est toujours un bon moyen de retrouver ses vrais amis. Ma famille consolait sa peine par la joie de me savoir heureux. Ils ne sont pas faits de raison mais ils ne disent plus !
En préparant ton voyage, où as-tu trouvé des infos sur le pays, des aides administratives, des guides, des centres d'infos ?
De mon temps - je vous parle d'une ère avant Frogs-in-NZ - la NZ ne faisait pas la une en France en terme de destination et les infos étaient limitées. Les agences de voyage étaient encore convaincues qu'Auckland était aux US (cf Oakland).
La préparation s'est donc restreinte à la seule recherche du stage, ou presque. Les All blacks, une île du pacifique,le pays de la voile,une culture a part ,c'est a peu près tout ce que je savais, ça me suffisait et ne me donnait que plus envie de découvrir : sur place !
Est-ce que l'intégration d'un français est difficile ?
J'ai improvisé sur place et il se trouve que l'improvisation a sa place en NZ. Je dirais même que les planifications se voient souvent contrariés. En tous cas pour un français en quête d'apaisement, la NZ est une destination privilégiée de part son unique caractère : a mi-chemin entre une île du pacifique tropicale que l'on voit sur les cartes postales et le pays industrialisé qui nous angoisse et nous use.
Un européen s'y sentira instantanément à l'aise dans la vie quotidienne nourrissant sa curiosité des nombreuses richesses uniques à la NZ et satisfaisant son appétit de découvertes quotidiennes. Ah ! Les petites différences locales qui font souvent sourire ! Parfois les souvenirs des produits du terroir nous chatouillent les narines, certaines choses irritent mais, en ce qui me concerne, la balance penche toujours du coté NZ.
Y a t'il une communauté active de français à Auckland ?
Notre léger accent (si sexy d'après les locaux) nous distingue et il est difficile de manquer un français (une française !) dans la rue, un café. C'est à croire que nous sommes programmés, on finit toujours par se retrouver aux mêmes endroits !
La connexion s'établit très vite avec les anciens et les réunions et activités s'improvisent ensemble. Un match France / NZ de rugby est toujours l'occasion de se retrouver !
Quels sont les avantages de ta nouvelle vie ? Quels sont les inconvénients ?
Les avantages sont les inconvénients, ou l'inverse ! Tranquillité, simplicité, rythme de vie détendue, nouveaux horizons, culture différente... proche des îles du pacifique (ça veut aussi dire à des milliers de kilomètres de la France). Mais au final l'aspect positif l'emporte largement. Sinon je ne serais pas la depuis si longtemps.
Gardes-tu des liens avec la culture française sur place ?
Les rares festivals français ou européens (film) sont toujours l'occasion de se replonger dans l'ambiance du vieux continent. Sinon, il y a les amis, avec lesquels on partage des bouquins et des discussions enflammées sur ce qui se passe dans la mère patrie. On ne cherche pas désespérément le lien avec la France mais les instincts sont là.
As-tu l'impression d'être isolé, loin du pays ?
Les emails s'avèrent très important pour garder un contact au jour le jour avec famille et amis. Des tarifs très économiques existent pour la téléphonie via internet d'autant qu'on ne paye pas les communications locales à Auckland. Avec l'avènement d'internet et des nouveaux services de communication verbale par internet cela permet des communications aisées et instantanées. Cela dit rien ne remplace la lettre ou le colis dans la boite aux lettres.
En revanche, au niveau de l'information on est vraiment des ermites. Si on ne fait pas la démarche de s'informer sur ce qui se passe dans le monde, le monde lui nous oublie allégrement et réciproquement. C'est parfois dérangeant mais c'est également reposant de ne pas être bombardé d'infos et autres scoops.
Qu'est ce qui te plaît et ne te plaît pas chez les Kiwis ?
Les kiwis sont très chaleureux et accueillants mais sont très pudiques et c'est parfois dur pour un latin. Par contre, ils sont directs.
La journée kiwie commence à 5h et finit à 22h. Tout est décale et ça pose parfois problème (magasins ferment tôt). Ils ne sont pas très fêtards, pas de la même manière du moins !
Qu'est-ce qui te manque le plus quand tu penses à la France ?
J'hésite entre le saucisson, la famille et les amis !
C'est vrai que la famille évolue sans vous, comme si on était en marge. Les vrais amis manquent. On essaie de rentrer une fois par an et de condenser toute une année en 3 semaines. C'est souvent le marathon. En tout cas, à chaque retour d'un français on ne manque pas de commander Saucisson, bon fromage et autres produits franco-franchouillards qui sont denrées plus que rares en NZ.
Que penses-tu d'un site comme Frogs-in-NZ ?
Un site tel que frogs-in-NZ m'aurait sûrement permis d'en savoir un peu plus avant de partir et j'aurais peut-être emporté des choses différentes, ou plus de choses (pour 5 ou 6 ans, et non pas pour 6 mois !).

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