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Les îles du Pacifique traumatisées par les tsunamis
Il était 6h48 heure locale le 30 septembre dernier lorsqu'un tremblement de terre sous-marin de magnitude 8,3 sur l'échelle de Richter a provoqué un tsunami au large du Pacifique, dans la région de l'archipel des Samoa.
Plusieurs îles ont été touchées par ce raz-de-marée : les îles Samoa principalement et les îles Tonga, avec des vagues oscillant entre 6 et 8 mètres de haut. Le bilan provisoire est de 189 morts, ainsi que des milliers de blessés et de nombreuses personnes disparues.
Les îles Samoa, où vivent 250 000 personnnes, sont composées de deux entités bien distinctes : la nation de Samoa, où l'on déplore 149 morts selon les dernières estimations et les Samoa américaines, appartenant aux Etats-Unis, où l'on déplore 41 morts.
On a d'ailleurs reproché au président Barack Obama d'avoir déclaré l'état de catastrophe uniquement dans cette partie.
Les îles Tonga, qui comportent plus de 170 îles réparties en 3 archipels, les plus proches de la Nouvelle-Zélande, sont également concernées et comptent au moins 9 morts, des centaines de blessés et plusieurs personnes disparues.
"Trop de personnes sont parties. Tant de personnes sont parties", s'exprimait le Premier Ministre des Samoa Tuilaepa Sailele Malielegaoi.
De nombreux séismes sévissent régulièrement dans cette région située sur la célèbre faille de « l'Anneau de Feu ”, où se concentre plus de la moitié des volcans actifs de la planète.
Le séisme a frappé à environ 33 km de profondeur sous l'océan et à 190 km d'Apia, la capitale de Samoa.
En certains endroits l'eau a pénétré jusqu'à près d'un kilomètre à l'intérieur des terres, ravageant des villages et quelques centres touristiques côtiers.
Aux Samoa, c'est surtout la partie sud de l'île qui a été frappée. Le Premier Ministre John Key, qui s'est déplacé en personne à Samoa pour constater l'ampleur de la situation, a assuré personnellement son engagement dans une aide d'urgence et la reconstruction à long terme après le tsunami. Un avion Hercules contenant du matériel médical et des équipes médicales, des experts pour identifier les corps et le bateau de la marine Canterbury, ont notamment été envoyés. A son arrivée à Samoa, John Key décrivit le désastre comme une “dévastation totale”, « quelque chose proche d'une zone de guerre”, a-t-il rapporté à la New Zealand Press Association. “Des milliers de personnes sont sans abri et c'est le premier problème sur lequel il faut travailler”. Dans un entretien avec le Premier Ministre Samoan Malielegaoi, il a ajouté que des zones touristiques ont été sévèrement touchées et que le tourisme représentant environ un quart des ressources économiques de l'île, il était important d'y développer les aides”.
A Tonga, c'est l'île de Niuatoputapu dans la partie nord de l'archipel, plate et proche de l'épicentre du séisme, qui a été la plus durement touchée. Cette île isolée d'environ 1 000 habitants est située à 500 km au nord de l'île principale de Tongatapu qui elle, n'a pas été touchée. Niuatoputapu compte trois villages principaux. Hihifo et Falehau, soulevés par trois raz-de-marée de 6 m de haut, sont ceux qui ont le plus souffert. D'après l'un des conseillers du Premier Ministre, Lopeti Senituli, 60% des habitations ont été détruites. Des bateaux ont été projetés sur la terre et des voitures et des gens ont été balayés par la mer. Le centre d'alerte au tsunami du Pacifique avait prévenu de l'imminence du raz-de-marée, mais les habitants n'ont eu que dix minutes pour quitter les côtes.
La Nouvelle-Zélande a notamment envoyé un avion contenant des tentes, des générateurs, des couvertures et des lampes. La Croix Rouge souligne cependant que le plus important pour les survivants, en dehors du risque de maladies infectieuses, reste l'eau et les abris après que plus de 300 personnes se soient retrouvées sans domicile sur Niuatoputapu. Une machine de purification de l'eau, permettant de boire l'eau de mer, a notamment été envoyée.
Dans l'ensemble des îles concernées, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la France ont déployé des moyens matériels et humains et un coordinateur des Nations Unies a été dépêché afin de développer des aides en matière de santé, d'eau, d'agriculture et d'infrastructures. Un soutien psychologique a également été mis en place.
Le conseil municipal de l'Union Komiti Pasefika, l'organisation représentative des travailleurs dans les îles du Pacifique et qui compte plus de 60 000 membres en Nouvelle-Zélande, souligne que ce tsunami est une tragédie pour des centaines de salariés et leurs familles vivant en Nouvelle-Zélande et à l'étranger et encourage les Néo-Zélandais à faire des dons généreux. Jérome Mika pense que la difficulté principale réside « dans le fait de ne pas savoir : des centaines de familles basées en Nouvelle-Zélande doivent se contenter de ce qu'ils voient dans les médias, attendant toujours des nouvelles de leurs proches”.
Stella Teariki, de Komiti Pasefika, rappelle que la meilleure manière d'aider les victimes est de donner de l'argent. Un voeu qui semblerait avoir été entendu puisque le total des dons récoltés par des organismes tels que ADRA NZ, Oxfam NZ ou la Croix Rouge se montait à plus de 350 000 dollars néo-zélandais au 2 octobre dernier.
Par ailleurs, le gouvernement néo-zélandais a d'ores et déjà débloqué 1 million de dollars en urgence et la Commission européenne 150 000 euros, alloués à la Croix-Rouge pour assurer les premiers secours d'urgence (soins médicaux, aliments, vêtements, eau potable et logements provisoires) aux populations locales. Des équipes doivent encore finir d'évaluer la situation sur place afin d'organiser les prochaines aides.
La Nouvelle-Zélande a été épargnée par les tsunamis qui ont frappé ces zones, mais des alertes avaient été lancées à travers l'île du Nord. Les populations habitant dans les îles de la baie d'Auckland et dans toutes zones côtières du Northland, d'Auckland et du Coromandel ont pris cela très au sérieux et des mouvements vers les hauteurs ont été observés, souvent avec l'aide de la police. Bien heureusement la vague annoncée ne vint jamais, mais ces alertes rappellent la vulnérabilité du pays vis-à-vis de ce type de dangers naturels et pose le problème de l'alerte aux populations, qui reste basé sur la télévision et la radio. Une mauvaise nouvelle pour tous ceux qui vivent sur les côtes, loin des médias !
Depuis, un autre tremblement de terre dans l'archipel des Nouvelles Hébrides (Vanuatu) a aussi fait craindre un tsunami, quelques jours après les événements de Tonga et Samoa. Heureusement, il n'a pas eu lieu, mais tous ces événements entretiennent une certaine psychose dans le Pacifique Sud...
Pascaline

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