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Les navigateurs français dans l'histoire de Nouvelle-Zélande

Sébastien Michel - Seb

Jean-François Marie de Surville (1717 - 1770)

C'est en 1767, à son retour en France après la guerre de Sept Ans, que Jean-François-Marie de Surville demande à la Compagnie des Indes Française l'autorisation de faire du commerce dans la zone couverte par la Compagnie.

Il obtient cette autorisation et, avec Jean-Baptiste Chevalier, Gouverneur d'un Comptoir français des Indes, crée un consortium.

La construction du "St Jean Baptiste", un navire de 650 tonneaux, armé de 36 canons, commence alors sous sa surveillance.

En 1767, le St Jean Baptiste quitte la Bretagne pour atteindre la région du Gange un mois plus tard. De Surville va entamer une campagne comemrciale dans toute cette zone orientale. Alerté par des rumeurs parlant de la découverte par un bateau anglais d'une "île très riche" dans le Pacifique, de Surville décide d'essayer de tenter l'aventure.

En 1769, le St Jean Baptiste fait donc voile vers l'Asie, dans le but de créer de nouveaux comptoirs de commerce. Après des mois de mer, plusieurs escales infructeuses et le nombre de malades et de morts parmi l'équipage ne cessant de croître, de Surville cherche un mouillage où il pourrait mettre son équipage et son bateau en sûreté. Il sait qu'Abel Tasman a fait le relevé des côtes de la Nouvelle-Zélande un siècle auparavant, et, en s'aidant de ses cartes, il décide de se diriger vers la destination.

Finalement, à 11 heures 30, au matin du 12 décembre 1769, le St Jean Baptiste arrive en vue des côtes de Nouvelle-Zélande, juste au sud de Hokianga Harbour. C'est là que le "St Jean Baptiste" croise le bateau de James Cook sans qu'aucun des deux ne puisse apercevoir l'autre dans la tempête.

Dans la soirée du 17 décembre, le St Jean Baptiste jete l'ancre dans une baie qu'il baptise "Baie de Lauriston", en l'honneur du gouverneur des Indes Françaises d'alors. Cette même baie a reçu quelques jours auparavant le nom de "Doubtless Bay" (baie sans-doute) par James Cook qu'il n'y ai pas jeté l'ancre.

Après quelques jours de relations amicales avec les Maoris, une sombre histoire de vol de canot force le St Jean Baptiste à quitter précipitamment les eaux néo-zélandaises (le 31 décembre), pour éviter toute représaille de la part des Maoris.

Après une traversée du Pacifique, de Surville se noie dans les eaux profondes au large des côtes du Pérou, en avril 1770, alors qu'il va chercher de l'aide pour son équipage, à nouveau frappé par le scorbut.

Une plaque commémorative marque le lieu de mouillage du St Jean Baptiste dans la Doubtless Bay. On peut y lire :

"Jean-François-Marie de Surville jeta l'ancre avec son bateau le St Jean Baptiste, dans la "Doubtless Bay", 17 - 13 décembre 1769, pour y faire reprendre des forces à ses hommes. Il se rendit dans un Pa (village Maori) de cette région le 30 décembre".

Les "Surville Cliffs" nomment les falaises de l'extrémité nord de la Nouvelle-Zélande en son honneur.

Une des ancres perdues par le marin lors de son passage dans la baie de Lauriston trône à l'entrée du musée Te Papa à Wellington.

Marc-Joseph Marion du Fresne (1724 - 1772)

Comme Abel Tasman et James Cook avant lui, l'explorateur français Marc-Joseph Marion du Fresne est à la recherche de la Terra Australis Incognita pour le compte de la France.

En 1770, du Fresne propose aux autorités françaises d'armer ses navires pour rechercher le grand continent austral que d'autres navigateurs auraient approchés avant lui. S'il ne réussit pas à le trouver, il se propose de mettre le cap sur la Nouvelle-Zélande et d'en évaluer les richesses. Sa proposition est acceptée, et deux bateaux sont armés pour le voyage : "Le Mascarin" et "Le Marquis de Castries".

Deux ans plus tard, le 10 mars 1772, du Fresne approche des côtes de Nouvelle-Zélande. Les Français, qui disposent de la carte marine établie par Tasman, pensent aterrir à l'endroit que ce dernier avait nommé "Murderer's Bay" (la Baie des Meurtriers).

Le 28 avril 1772, le "Mascarin" et le "Marquis de Castries" partent vers l'est. Le 4 mai, les deux bateaux français jetent l'ancre dans la baie des îles (Bay of Islands), dans l'île du Nord. Les premiers contacts avec les Maoris sont chaleureux et amicaux, surement grâce à Cook, qui a réussi à gagner leur confiance durant sa première visite.

Du Fresne baptise alors cette baie Port Marion, bien que Cook l'ait déjà baptisé Bay of Islands et en fait une cartographie sommaire.
Les Français s'établissent pour un temps à Port Marion, réparent leurs bateaux, soignent les malades du scorbut et font du commerce avec les Maoris.

Cependant, sans en comprendre la signification, ils commettent bientôt le crime impardonnable de profaner un cimetière, considéré comme sacré et tabou, et ceci, malgré la mise en garde qu'ils reçoivent.

L'affaire aboutit à l'assassinat de du Fresne et de plusieurs de ses marins. Les Français répliquent sous les ordres de Jules Crozet, Lieutenant en second. Les mousquets des Français donnent l'avantage aux européens face à des Maoris armés de bois et de jade. Le bain de sang ne peut être évité. Environ 250 Maoris sont tués dans l'accrochage avant que les français ne prennent la mer précipitamment sans espoir de retour...

Jules Sébastien César Dumont d'Urville (1790-1842)

Né en 1790 en Normandie, Jules Sébastien César Dumont d'Urville commence sa carrière comme spécialiste en botanique et en linguistique. Au cours de ses études, il rencontre Louis Isadore Duperrey et en 1821, s'associe à ce dernier pour monter une expédition de recherche scientifique. La France, alors très consciente de l'importance d'une base dans le pacifique, donne son appui au projet que Duperrey, comme commandant, et d'Urville, comme second, entreprennent alors. Ils quittent Toulon en août 1823, à bord de "La Coquille", une corvette de 380 tonneaux armée de 12 canons.

Le 2 avril 1824, les côtes de Nouvelle-Zélande sont en vue, et le lendemain, "La Coquille" jette l'ancre à Port Marion (Bay of Islands). Après avoir rassemblé quelques spécimens botaniques, avoir rencontré les Maoris de la région et entamé du commerce avec eux, la Coquille quitte la baie pour revenir à Marseille le 24 janvier 1825. Pendant ce premier voyage et son séjour à Port Marion, d'Urville aura déjà rassemblé d'innombrables informations sur le peuple Maori et son mode de vie.

Non content de ce premier voyage, D'Urville présente très vite un nouveau projet au Ministre de la Marine. Il voit la possibilité de deux implantations de pénitenciers, l'un à "King George Sound" en Australie, l'autre en Nouvelle-Zélande.

Sa proposition est acceptée avant la fin de l'année, et "la Coquille" commence ses préparatifs en vue d'un nouveau voyage.
Elle est rebaptisée "l'Astrolabe", et quitte Toulon le 25 avril 1826, cette fois sous le commandement de Dumont d'Urville.

Le 7 octobre, l'Astrolabe jette l'ancre à King George Sound, puis continue vers Port Jackson, où les Français restent jusqu'au 19 décembre. L'Astrolabe quitte alors les eaux australiennes et met le cap sur la Nouvelle-Zélande.

D'Urville considére que les cartes de la Nouvelle-Zélande établies par Cook sont incomplètes. Il se donne pour objectif d'en réaliser des plus détaillées dès qu'il atteint l'île. D'Urville passe alors environ trois mois à faire les relevés des côtes nord de l'île du Sud, et de la côte est de l'île du Nord, jusqu'au cap Nord. Pendant ce temps il collectionne à nouveau un grand nombre de spécimens botaniques.

Il quitte la Nouvelle-Zélande, et après un long voyage retour via le Pacifique, revient à Marseille le 25 mars 1829, ramenant les cartes de Nouvelle-Zélande les plus complètes depuis celles du Capitaine Cook.

C'est à la suite d'une proposition des autorités navales françaises d'entreprendre un second circuit maritime dans le Pacifique que d'Urville retourne une troisième fois en Nouvelle-Zélande. L'expédition de Dumont d'Urville comprend cette fois deux navires : l'Astrolabe et la Zélée. Après une longue période de navigation entre les îles du Pacifique, et des escales dans bien des ports tels que Guam, Tahiti, Tonga et Java, d'Urville a cette fois pour objectif de rejoindre l'Antarctique.

A la mi janvier 1840, l'Astrolabe arrive enfin dans les eaux de l'Antarctique. D'Urville hisse le drapeau français sur la terre dont il prend possession au nom du roi de France, et qu'il nomme Terre Adélie, du nom de sa femme Adèle.

Cette étroite bande de terre autour du Pôle Sud, est aujourd'hui encore une base scientifique française.

D'Urville reviendra à Toulon le 6 novembre 1840.
Le 8 mai 1842, Jules Sébastien César Dumont d'Urville trouve la mort dans un accident de train près de Paris.

Il aura laissé de nombreuses marques de son passage, dans la région de Nelson surtout où îles, baies et caps lui doivent leurs noms. D'Urville Island (Marlborough Sounds) est la plus connue.

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