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En roller sur les routes de Nouvelle-Zélande (2- île du Sud)
Arrivée en ferry à Picton ……après avoir subis les assauts d’une mer démontée, le calme des eaux du fjord de Picton est impressionnant et tout le monde se retrouve sur le pont. Notre premier contact avec l’Ile du sud est un enchantement.
Le petit port de Picton est un décor de carte postale…..nous ferons un festin bien simple pour le simple quidam. Un poulet rôti délicieusement croustillant accompagné de légumes et de pommes de terre cuite à l’eau. La Nouvelle-Zélande n’est pas un paradis pour les gourmets. Tout est frit à l’huile, du poisson au poulet en passant par les moules, la viande, etc…à tout moment de la journée on peut « déguster un « spaghetti on toast », sorte de sandwich fait de deux tranches de pain de mie sur lesquelles on vide des spaghettis en conserve !!!
Le « fish and chips » reste un plat national…y’en a des bons et des mauvais…mais il y a toujours trop de frites ! On a goûté aussi une pizza au camembert local recouverte de confiture d’abricot. La « Végémite » est une institution le matin au « breakfast ». C’est une pâte à tartiner de goût et de couleur indéfinissables dont les kiwis raffolent. N’oublions pas les « institutionnels beignets », appelés « Pie », hyper bourratifs et fourrés à toute sorte de viande, notamment de la viande de cerf. Arrosez votre repas d’un litre de coca-cola par personne et le tour est joué. Je vous rassure, nous avons survécu et je crois même que l’on s’y est habitué !
Picton - Pelarus bridge….le 2 février….55 kms…
Nous avons décidés de rejoindre Nelson en deux étapes. La première nous conduit jusqu’à Pelarus Bridge par une route enchantée, peut être la plus belle de Nouvelle-Zélande, la « Queen Charlotte Drive ». Longeant des fjords profonds aux eaux calmes, bordée de forêt vert sombre….c’est beau, ça sent bon…ça monte, ça descend…..Sur la route nous faisons une halte à Havelock, petit port de pêche niché au fond d’un fjord. C’est la « capitale mondiale de la moule » ! Si si, c’est écrit sur un gros panneau à l’entrée de la ville. On gardera en mémoire ce restaurant appelé « Mussel’s boy » où nous avons dégusté à l’ombre d’un cerisier une merveilleuse cassolette de moules vertes géantes, marinières avec du pain frais et du beurre ! Le toit du restaurant est recouvert de moules géantes en fer forgé reconstituant un match de rugby entre les All Blacks et l’Australie. On est en grande forme, le moral à 150%. On s’arrête à Pelarus, 20 habitants, une belle rivière, et un camping.
Pelarus - Nelson….63 kms…..
Deux grosses difficultés au programme que nous décidons de nous partager. Le plus difficile ce sont les montées en vélo. Aujourd’hui Rémi a monté un col à vélo sans mettre un pied à terre à l’allure de 3 km/h !! La remorque derrière est un boulet….les descentes, parfois impressionnantes, se négocient prudemment…parfois celui en roller s’accroche au vélo, parfois il se lâche et descend à plus de 55 km/h. La presse du pays nous a repéré sur les routes. C’est ce jour que seront pris des photos qui feront le tour du pays. En Nouvelle-Zélande on aime les challenges. Le nôtre leur a plu. Ils avaient déjà vu une japonaise traverser le pays du nord au sud en poussant un chariot de supermarché équipé de grosses roues ! Ils avaient vu un couple traverser le pays avec la fille à vélo et le garçon équipé d’un monocycle trafiqué ! En roller c’était une première…
Nelson aura été une halte très appréciée. On a aimé le coin et si on revient en Nouvelle-Zélande nous y reviendront à coup sûr !
Nelson-Motueka…le 5 février…55 kms…
à travers les vignobles sur des routes tranquilles et lisses. C’est ce jour que nous avons vu notre 100ème opossum écrasé ! (Valérie les a compté). L’opossum est un mignon petit animal de la famille des marsupiaux…seulement voilà il a la fâcheuse habitude de détruire les nids, de manger les pousses des jeunes arbres. L’Etat, le pays tout entier leur ont déclaré la guerre ! Ils n’ont aucun prédateur et se multiplient comme des lapins…pardon comme des opossums ! La nuit tout bon kiwi qui se respecte se doit d’écraser le plus d’opossums possibles. Remarquez c’est facile….quant une voiture arrive plein phares allumés, l’opossum, plutôt que de s’aplatir ou de se sauver, se redresse sur ses pattes arrières pour voir ce qui arrive…et Scccratch !!!
En Nouvelle-Zélande on vend même des peluches « scratched possum » qui représentent un opossum aplati avec une trace de pneu.
Motueka-Kohatu junction….70 kms….
Une route déserte et lisse ! Toujours un vrai bonheur de patineur….elle remonte et suit le cours d’une rivière. Depuis quelques jours on mange notre pain blanc…..mais quelques petits problèmes de genoux font leur apparition chez Valérie. Rémi, lui, à force de patiner a une déformation sur le dessus du pied, comme un gros cor, mais insensible. On arrive à Kohatu….Kohatu c’est rien, juste un pub-hôtel à la jonction de deux routes au milieu d’une grande vallée. On sera les seuls clients accueillis comme des héros par la patronne qui a lu le récit de nos aventures dans le journal ! Valérie signera même des autographes à des enfants impressionnés par les beaux rollers qu’elle avait aux pieds. A côté de l’hôtel, un paysan fait de l’élevage d’émeus…curieux volatile.
Kohatu-Murchison…le 7 février…85 kms….
Le relief, la chaleur, le goudron, les mouches….tout s’est ligué contre nous pour nous faire passer une journée cauchemardesque dans un décor et des paysages de rêve !
Le décor ce sont des collines et montagnes jaunies par le soleil entrecoupées de forêts de sapins vert foncé, le long d’une rivière bleu turquoise….nous allions vivre l’enfer dans un paradis naturel !
Sachant qu’entre les deux villes il n’y aurait rien pour se restaurer nous avions préparé un petit pique nique…..il aura été impossible de s’arrêter, même 2 minutes sur le bord de la route. A peine stoppions nous que nous étions assaillis de millions de « sand flies » assoiffées de notre sang. A cela s’ajoutèrent des centaines de guêpes carnivores…nous étions condamnés à toujours rouler, à ne jamais s’arrêter, à manger en roulant !
Le goudron se transforme en mélasse sous l’effet de la chaleur et les patins portent encore aujourd’hui les traces de goudron de cette journée terrible.
Murchison – Inangahua….le 8 février…..65 kms…
La journée de la veille est déjà oubliée. Nous repartons de Murchison. Cette ville ressemble à un village du far-west sans les cow-boys. La route devient large, la circulation inexistante, les paysages toujours aussi somptueux quoique plus tourmentés…les flans fracturés des montagnes nous rappellent qu’ici a eu lieu un terrible tremblement de terre en 1968. Nous verrons des photos impressionnantes dans un pub. Les troupeaux de moutons continuent à jalonner la route. Il nous a été très difficile de voir un mouton de près en Nouvelle-Zélande. Notre convoi, le bruit des rollers sur la route, nos tenues Salomon jaune éclatant, nos casques orangés Briko les auront mis en fuite tout au long du voyage.
Pendant près de 1700 kms nous auront vu que d’immenses troupeaux de moutons se sauver à toute vitesse dans des nuages de poussière !
Inangahua-Westport……..60 kms….
Toujours accueillis comme des héros, nous avons passés une nuit super dans une ferme/hôtel tenue par la famille Inwood, dans un véritable « remake » de « La petite maison dans la prairie ». Le matin Mme Inwood nous avait préparé un formidable et succulent petit déjeuner avec au menu, oeufs au plat, céréales au lait frais, compote de rhubarbe maison, toasts beurrés, pommes de terre sautées, café, jus d’orange et Vegemite !!! Un vrai festin. Le ventre lourd nous avons pris la route vers la côte en longeant la rivière Buller….un vrai bonheur là encore sur une route lisse…..Longtemps avant Westport, à l’intérieur des terres nous avons commencé à sentir l’odeur de l’océan. Nous arrivions sur la « West coast » que nous n’allions plus quitter pendant près de 500 kms. A l’arrivée à Westport la presse nous attend et les radios locales suivent notre périple au jour le jour !
De Westport à Greymouth, la côte est escarpée avec de hautes falaises et rochers noirs sur lesquels se prélassent de vastes colonies d’otaries à fourrure. Nous avons passé des heures à les observer…pas trop près car Rémi a failli y laisser un mollet en s’approchant d’une madame Otarie et son bébé. A Punakaiki, l’érosion a créé un spectacle naturel etonnant. La côte calcaire érodée par le vent et l’eau ressemble à une pile de crêpes minéralisées…
Greymouth-Ross….le 11 février….75 kms…
La route suit maintenant une côte plate bordée de longues plages de sable gris. Les rouleaux sont forts, la mer froide et les requins rôdent en raison des premiers bains des bébés phoques…..Nous supporteront donc la chaleur sur la route et l’idée de nous arrêter pour faire trempette ne nous effleurera même plus !
On avale les kilomètres comme des pros….les encouragements sur les routes sont sympas. On nous klaxonne, on lève le pouce en l’air, on nous prend en photos… Sur une descente longue et sinueuse une voiture a suivi Rémi pendant 3 kilomètres : monsieur conduisait, madame filmait !
On arrive à Ross, « capitale mondiale des chercheurs d’or »( !). A peine arrivés vers 15 heures nous nous dépêchons de nous doucher, de grignoter pour ensuite aller chercher fortune…
On a passé 4 heures le cul dans une rivière froide à brasser des kilos de sable avec une pelle et tout l’attirail du parfait chercheur d’or loué sur place….Valérie aura été récompensée de quelques paillettes !
Ross-Whataroa…..80 kms
La route devient plus accidentée avec de belles et rudes montées. Nous sommes le 12 février et les kilomètres commencent à se faire sentir. Nous grimpons le terrible Mont Hercule.
Sur la route nous croisons une mamie routarde de 75 ans qui parcoure le pays en vélo. Elle est américaine et végétarienne. A midi sur le bord de la route elle sortira de ses sacoches comme repas un énorme céleri cru fourré au beurre de cacahuète. On commence à voir les cimes enneigées des alpes néo-zélandaises.
Whataroa-Fox glacier….40 kms….
Un de nos but était d’aller voir ces immenses glaciers qui descendent presque jusqu’au niveau de la mer… Nous touchions au but. C’était pour nous une joie immense.
La route n’est plus qu’une succession de montées ardues et de descentes en lacets. Un terrain beaucoup trop escarpé et des problèmes de genoux nous ferons prendre une Shuttle entre Franz Joseph et Fox. Fox est un petit village blotti au pied des montagnes et du Mont Cook qui culmine à 3755 mètres.. Nous avons passé là une journée…pas pour se reposer, mais pour marcher. Une longue promenade qui nous mènera au pied du glacier.
Du pied du glacier nous voyions la mer ! Un grand moment pour les yeux !
Fox-Haast….le 14 février…..127 kms…
Gonflés par l’air des montagnes, nous reprenons la route avec l’intention de nous arrêter au bout de 60 kms au Lake Paringa….La végétation va complètement changer sur la route. Nous avons l’impression de traverser une région tropicale avec de hauts murs d’une végétation dense et impénétrable le long de la route. Les oiseaux abondent. Les opossums écrasés sur la route se comptent par dizaine, la chaleur étouffante et l’odeur de ces charognes écrasées nous révulse. Nous rencontrons une belge sympa à vélo, pleine d’énergie et de courage. Elle nous raconte qu’alors qu’elle roulait tranquillement une voiture la doublait à vive allure passant sur le cadavre frais d’un opossum fraîchement écrasé. Elle a été crépie aux entrailles d’opossum ! Une vraie histoire belge.
Catastrophe nous nous sommes mal renseignés sur les possibilités d’hébergement au Lac Paringa. Pas de camping, juste un hôtel cher et luxueux. Nous décidons de poursuivre et faire 60 kms de plus. Nous avons littéralement explosés. Trois montées raides successives auront raison de notre bonne entente (notamment Knight Point).Quelques gouttes de pluie nous enfonceront encore d’avantage. Nous maudissons tout, le roller, le vélo, les autos qui passent…on se fera la gueule tout le reste de la journée !
Nous arrivons à Haast complètement défaits et vidés après 11 heures passés sur la route.
Le choix de notre itinéraire s’est alors posé. Nous allions quitter la sublime West Coast mais pour aller où ? Des raisons météorologiques nous déciderons à opter pour rallier le centre de l’île en bus et finir le voyage dans la province de Canterbury. En 3 jours de longs trajets en mini-bus via Queenstown nous regagnons Omarama. Nous avons fait une escale à Queenstown de 2 jours, « capitale mondiale du saut en élastique », là pour une fois c’est vrai ! Queenstown ressemble à Chamonix au mois d’août Les touristes japonais, coréens et chinois dépensent leur argent sans compter en souvenirs débiles, en ballades en bateau et, devinez…en saut à l’élastique !
Omarama-Oamaru….le 17 février….126 kms
Omarama est une minuscule ville nichée au pied de collines jaunies par la sécheresse, la pire du siècle au dire des autochtones ! Des lacs turquoises entourés de prairies jaunes-or….ce paysage de rêve nous accompagne sur une route lisse en descente…on se régale…Nous sommes arrivés à Kurrow, notre point de chute initialement prévu très tôt, trop tôt. Nous décidons donc de continuer jusqu’à Oamaru soit 76 kms de plus. La fatigue est venue imperceptiblement, les muscles se sont tétanisés, la route s’est détériorée, tout cela sous un soleil de plomb. Un coup de chaleur a donné de violentes migraines à Valérie et la route s’est de nouveau transformée en un long cauchemar débile et absurde. Nous sommes arrivés à Oamaru « capitale mondiale des pingouins » !
Une importante colonie de manchots pygmées bleus a élu domicile ici et dès le coucher du soleil ils s’éparpillent sur le front de mer pour rejoindre leur nid après une journée passer en mer à chasser. Nous en observerons des dizaines lors de notre journée de repos ici ainsi que plein d’otaries joueuses ou paresseuses.
Oamaru-Timaru…le 19 février…95 kms
Nous avons pris la route vers 10 heures le matin. La route a été pénible et longue et le goudron particulièrement rugueux. Puis est arrivé le cortège infernal d’énormes camions à bestiaux remplis à craquer de mouton. Des trucks qui nous frôlent, nous aspergeant à chaque fois d’urine de moutons ! Et nous voilà à Timaru. La ville est sympa et on aimerait là encore rester quelques jours.
Timaru-Mont Somers….le 20 février…95 kms..
Nous quittons la route principale pour rejoindre les routes plus tranquilles de l’intérieur. Nous voilà dans les vastes plaines du Canterbury. De longues lignes droites à l’infini. Le paysage devient monotone. Nous traversons une petite région où vivent quelques kangourous. C’est encore bien fatigués que nous arrivons à Mont Somers dans un camping où les propriétaires seront aux petits soins avec nous.
Mont Somers- Christchurch…..le 21 février….120 kms
Voilà le dernier jour de notre périple. A Rakaia nous retrouvons la route 1, celle de tous les dangers. Plus de 60 kilomètres sur une route très fréquentée en deux fois deux voies La traversée du pont de la rivière Rakaia restera le moment le plus dangereux du voyage. Frôlés par les voitures et les camions nous avons eu très peur. C’est avec un grand soulagement que de voir un énorme panneau écrit « Christchurch » sur le bord de la route. Celui-ci marque la fin d’un périple de 1700 kilomètres au pays des kiwis. Nous décidions de profiter de Christchurch pendant 2 journées.
Le 23 février nous prenions l’avion pour Lyon…le 26 février nous avalions en roller la piste cyclable d’Annecy sous le pâle soleil de l’hémisphère nord !
Merci à SALOMON et leur aide en matériel indispensable.
Merci à Briko France.
Merci à tous les habitants de la Nouvelle-Zélande pour leur accueil, leur gentillesse. On a trouvé un paradis sur terre, il s’appelle "Nouvelle-Zélande" !

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