Le traité de Waitangi, document fondateur de la Nouvelle-Zélande

Voyage Nouvelle-Zélande

Dans une terre encore sans foi ni lois, où aventuriers, baleiniers, repris de justices créent un embryon de société européenne, le premier missionnaire, Samuel Marsden , explore Hauraki Gulf en 1820. Il est également le premier missionnaire à explorer Waitemata Harbour et Manukau Harbour, au large desquels, cinquante ans auparavant, James Cook ne fait que passer. Seuls quelques bateaux s'arrêtent alors sur ces côtes pour trouver du bois en vue de réparer les espars.

En 1827, le capitaine français Dumont d'Urville est le premier à cartographier la région qui deviendra Auckland. À bord de l'Astrolabe , il jette l'ancre sur une plage près de North Head (aujourd'hui la pointe de Devonport sur le North Shore).

Alors que la colonisation de l’Australie est bien avancée et que les différents conflits se sont apaisés en Europe, la Couronne britannique , sous la pression d’un certain nombre de ses hommes politiques, estime qu’il est temps d’annexer la Nouvelle-Zélande. En effet, la France menace de bientôt s’ancrer dans l’île du Sud près de Christchurch et plusieurs riches communautés commencent à se comporter en républiques autonomes.

Le gouvernement colonial ayant poussé, pour une gestion coloniale simplifiée, au regroupement des Maoris en une Confédération des Tribus Unies de Nouvelle-Zélande, n’a plus qu’à demander à celle-ci, en échange de garanties de protection, de consentir formellement à un transfert de souveraineté (de fait l’annexion du pays).

Un groupe de chefs maoris  (ne représentant toutefois pas l’ensemble des tribus) et un représentant de la Couronne, William Hobson , se réunissent donc dans la Bay of Islands et signent, le 6 février 1840, le traité de Waitangi  (Treaty of Waitangi ). Le traité part ensuite à travers tout le pays pour recevoir les signatures d'autres chefs, du nord au sud, et ce, sous la barbe des français qui débarquent peu après à Akaroa.

Il confère à la Couronne d’Angleterre pleine souveraineté sur la Nouvelle-Zélande, en échange de laquelle les Maoris se voient reconnaître certaines garanties relatives aux conditions de cession de leurs terres et à leur participation aux décisions politiques à l’échelle de la colonie.

Aujourd’hui, le traité est loin d’être de l’histoire ancienne et régit toujours les relations Pakehas-Maoris . De nombreuses protestations et émeutes, notamment en 1971, le jour anniversaire de la signature du texte, mènent en 1975 à la création du tribunal de Waitangi, dont la mission est de traiter les différends issus du non-respect du traité, de la confiscation des terres et des ressources. Depuis, de nombreuses terres ont été rendues à travers le pays et de nouvelles requètes sont déposées chaque année dans ce processus de réparation unique en son genre et alimente des débats enflammés au sein de la scène politique et de la société civile.

Le traité, très abîmé, est exposé à Wellington aux Archives Nationales. Une reproduction est aussi présente au musée Te Papa dans une mise en scène très instructive.

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