L'odyssée de 2001 - de Rotorua à Wellington
28 octobre 2001
Dimanche midi, nous reprenons la route pour Rotorua , à 280 km au sud d'Auckland. Cela nous prendra 4h30 pour y arriver à cause de la pluie et de l'état de la route. Le mauvais temps nous conduit directement dans un camping, où nous passons la fin de soirée à lire, à l'abri dans notre voiture.
Le lendemain, visite de l'Agrodome
de Rotorua, un parc agricole où nous assistons à une démonstration de tonte de mouton sur un représentant d'une des 19 races de moutons présentes en NZ. Nous donnons le biberon à des petits agneaux tout mignons. Nous visitons par la même occasion une manufacture de laine et de tricot et prenons le soleil en arpentant les allées du parc.
Au centre ville, le DOC nous renseigne sur les randonnées à faire dans le coin. L'ascension du Mont Tarawera
nous intéresse particulièrement, mais le prix (23$ pour avoir l'autorisation de traverser le terrain privé) nous oblige à nous rabattre sur une randonnée moins touristique que nous ferons le lendemain, près du lac Tarawera, au pied du volcan du même nom.
Pour passer l'après midi, nous nous promenons à Oreke falls, le long de la rivière que l'on peut descendre en rafting, et contemplons les canards qui vivent dans ce havre de paix.
Réveil sous la pluie, mais le beau temps pointe son nez, ce qui nous permet de préparer notre rando. Après un petit déjeuner au bord du lac Okataina, nous voilà chaussés pour 4h de marche, à travers une forêt typique de NZ, avec ses tree fern, sa végétation luxuriante et ses oiseaux rigolos. Nous arrivons au terrain de camping isolé, où nous sommes les seuls campeurs. Nous installons notre tente au bord du lac qui donne sur le Mont Tarawera, volcan qui a donné la mort à 153 personnes et a détruit toute la végétation plusieurs km à la ronde en 1886.
Des possums curieux viennent fouiner autour de notre tente pendant la nuit et animent la forêt environnante, ce qui ne nous aide pas à nous endormir, malgré la fatigue !
Au petit matin, après un bain revivifiant dans le lac, nous repartons bon train vers notre point de départ, pour récupérer notre voiture.
Nous continuons notre journée avec la visite de la Waimangu Volcanic Valley
, région thermale, riche en activité volcanique. La promenade en bateau sur le lac Rotomahana nous apprendra la formation de cette région avant et après l'éruption du mont Tarawera, et notamment la disparition des "white and pink terraces", une curiosité naturelle classée parmi les merveilles du monde. Très intéressant du point de vue géologique.
Le lendemain, Direction Wai-o-tapu Valley
, la "vallée des merveilles", que l'on parcourt à pied en 3 heures pour y découvrir tous les secrets de l'activité volcanique. On y croise des lacs d'eau sulfureuse, des piscines de boues et le célèbre geyser Lady Knox qui, grâce au savon que le guide verse dans le trou, provoque un jet d'eau chaude pouvant aller jusqu'à 20 mètres de haut.
L'odeur de soufre permanente est assez enivrante. Du coup, on gagne chacun un mal de tête mémorable !
Nous descendons dans l'après midi vers Taupo et son immense lac. La pluie est de retour et nous force à nous trouver assez tôt un endroit pour dormir. Taupo est une ville sans grand intérêt et nous allons directement au Motorcamp du coin.
La matinée est consacrée à la lecture de nos emails dans un cybercafé, le temps que la pluie s'arrête. Lire les emails de nos proches et des visiteurs du site nous réchauffe le coeur !
Nous décidons de partir de Taupo, car notre intérêt pour le bungy jumping ou la pêche est assez limité.
Notre prochaine étape, Turangi, au sud du lac Taupo, est au pied du Tongariro National Park , classé au patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO. C'est le paradis du pêcheur en rivière. De nombreux lodges accueillent les pêcheurs de tous les horizons. Le parc renferme une chaîne de volcans, dont certains sont encore en activité, comme le Mont Ruapehu dont la dernière éruption remonte au 17 juin 1996. L'ensemble est le site de panoramas spectaculaires et de pistes de ski réputées ! Le backpacker où nous allons est vraiment sympathique (Extreme Backpackers), tout comme le gars qui le tient. Le lieu ressemble à un chalet de montagne avec cheminée et cuisine commune. Andrew, le propriétaire, nous propose de faire le célèbre Tongariro Crossing dès le lendemain si la météo le permet. Cette rando de 7 à 8 heures permet de traverser les volcans dans la journée.
Le lendemain, il pleut. La rando est impossible. Il neige au dessus de 1600 mètres et la visibilité est très mauvaise. Pour nous consoler, nous faisons une ballade autour du lac Rotopunamu, le temps que le soleil veuille bien pointer le bout de son nez.
De retour au backpacker, nous sympathisons avec 2 francophones, Emmanuelle de Suisse, qui fait le tour de NZ en vélo en solitaire, et Hervé, Lyonnais, qui a decidé lui de le faire en voiture et en 15 jours. 3 façons différentes de visiter la NZ se rencontrent !
Le lendemain, fausse joie. La météo semble bonne. Tout le monde s'engouffre dans le minibus pour le lieu de départ, mais arrivés au pied du mont, le guide fait demi-tour. Il y a de la glace sur les versants ouest et les nuages restent accrochés au mont.
Next time ! ...Nous décidons alors de partir vers d'autres horizons, laissant nos compagnons dans l'attente d'un jour favorable pour la rando.
4 h de route nous mènent à Stratford, plus à l'ouest, au pied du Mont Egmont - Taranaki . Ici, plus de noms de rues en Maori, comme partout ailleurs, mais des noms faisant référence à Shakespeare et à ses oeuvres. La ville est un peu tristouille autour de son principal carrefour en croix.
Après s'être installés au camping et après avoir regardé un film à la TV (avec ces horribles publicités toutes les 5 minutes qui vous rallongent la soirée !), nous allons nous coucher emmitouflés dans les duvets car la nuit promet d'être froide..
Le thermomètre est descendu à 3 degrés cette nuit dans la voiture, merci nos gros duvets. Mais un ciel sans nuage ce matin promet une belle journée.
Nous passons notre journée à Stratford où nous préparons, avec les conseils du DOC, une rando de 2 jours. C'est une grande boucle au nord du mont. Pour profiter du beau temps en attendant demain, nous déjeunons au bord d'une rivière, flânons dans la ville. Puis en fin de journée, roulons jusqu'au point de départ de la rando.
Ca y est ! Le mont et le ciel sont dégagés. Nous commençons la montée pendant la première heure, jusqu'à la limite de végétation, à environ 1700 mètres.La plupart des chemins sont équipés d'escaliers et de caillebotis afin de ne pas abîmer la végétation et d'éviter l'érosion, quoique amusant, cela gâche un peu le côté sauvage de l'aventure. Ici et là, des passages écroulés donnent un peu de piquant (surtout à Claire qui a peur du vide !) . Nous avançons à travers des paysages fabuleux sur la montagne et la mer au loin.
Premier refuge (Holly Hut) au bout de 4 heures de marche. La curiosité nous pousse à continuer plus loin, bien que le chemin grimpe pas mal. Nous passons à travers un splendide marécage aux herbes dorées au pied du mont enneigé ... s'ensuit une heure de dure montée qui nous mène à Puakai Hut. Notre récompense est là au bout de 6 heure 30 de marche : un refuge tout en bois à flanc de montagne, uniquement accessible à pied, comme un petit chalet perché dominant la vallée et la baie de New Plymouth. L'atmosphère y est authentique. Avec le vieux poêle que Seb réussit à allumer tant bien que mal, nous passons une bonne soirée à papoter à la lumière de deux bougies.
Nuit légère, réveil difficile (pourtant, pas d'Italiens pour nous empêcher de dormir...) Le départ pour ce deuxième jour se fait sous un ciel gris. Le début du chemin est bien agréable, mais très vite il se transforme en véritable enfer de ravines et de végétation. La pluie de cet hiver a creusé le chemin, provoquant des « gorges » de deux mètres de haut à escalader. Montées, descentes, re-montées, re-descentes, nous sommes dans un enfer de boue. Nous ne savons jamais si nous sommes sur le bon chemin et s'il y a une fin !
Nous sommes loin du plancher de début de sentier...difficile pour les genoux et les nerfs.
Nous ne sommes pas au bout de nos peines. Nous nous retrouvons face à des falaises, des traversées de rivières, des ponts de câble (swing bridges). On met le double du temps initialement prévu. Épuisés, nous arrivons enfin à la route. Après un "briefing" avec les guides du DOC sur l'état du sentier, nous reprenons la route, direction Hawera, où nous passerons la nuit dans une ferme / Backpackers.
Notre nuit dans un vrai lit sera longue, pour récuperer de cette longue randonnée épuisante.
Nous discutons agriculture avec la propriétaire de la ferme, et apprenons que le nombre de moutons dans le pays est passé de 80 millions à 40 millions pour des raisons de rentabilité. En effet, l'agriculture en NZ est gouverné par les besoins de l'exportation et c'est actuellement le marché du lait de vache qui est le plus rentable, obligeant de nombreux éleveurs a changer leur fusil d'épaule.
Wanganui sera notre prochaine étape. Nous déjeunons dans le parc. Nous visitons le Musée de la ville, le Wanganui Regional Museum , il paraîtrait un des plus célèbres du pays. Bien que le musée soit assez petit, nous y découvrons la culture des tribus maories de la région à travers sculptures et objets quotidiens.
Nous faisons quelques courses et décidons de nous rapprocher pour la soirée de Wellington, dans une ville à mi-chemin, Waitarere. Nous passons la nuit dans un Motorcamp (très répandus en NZ. Idéal pour les camping-cars. Buanderie, cuisine, douches y sont disponibles)
Notre route nous conduit enfin à Wellington , où nous prendrons le ferry ce soir pour aller dans l'île du Sud. Capitale de la Nouvelle Zélande, la ville est pourtant plus petite et moins peuplée qu'Auckland. On y ressent une activité culturelle assez intense et le Musée National Te Papa est génial. Prévoir au moins une bonne demi-journée pour en parcourir une partie. Le Cable car , métro-téléphérique, nous conduit du centre de la ville vers les hauteurs (d'où l'on peut voir le Parlement et différents monuments), ce qui nous permet au retour, à pied, de traverser la ville et ses différents quartiers.
Nous terminons notre soirée dans un pub du centre ville, où nous prenons un verre et la température des vendredis soirs. Il y a peu de monde comparé à Paris et l'ambiance y est bon enfant. Nous prenons plaisir à nous fondre dans l'univers des soirées de fin de semaine, contents de retrouver un peu de civilisation !
Un rock endiablé nous conduira ensuite vers la sortie, direction le port, où nous attend le ferry Interislander qui nous emmènera vers Picton, île du Sud.
Départ à 1h30 du matin, c'est dur mais cela nous fait économiser 50 % du tarif. Quand on voyage, il n'y a pas de petites économies...
La suite de l'odyssée ... L'île du sud ->>

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