L'odyssée de 2001 - le Northland

13 octobre 2001

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Nous partons vers 14h d'Auckland, direction Helensville, sur la route 16. Nous traversons plusieurs villages, plaines et vallons féeriques. Ce sont des successions de bosses et de creux où alternent de magnifiques forêts avec des pâturages d'un vert intense, ou paissent vaches ou moutons

Nous passons par un des rares supermarchés du coin, pour faire nos provisions, puis nous reprenons la route de campagne. Sur un petit chemin, nous nous arrêtons pour notre premier déjeuner...accueilli par le meuglement des vaches inquiétées par notre présence !. Nous montons en voiture (pluie oblige) à Mt Auckland walkway . La vue est splendide. Des faisans et des paons en totale liberté contribuent à donner une atmosphère bucolique.
Un peu plus loin, nous faisons une courte promenade au Kauri Bushman Memorial Park . Premier contact avec la forêt Néo-Zélandaise, décidément très différente des forêts européennes. Une ambiance générale de préhistoire se dégage de la végétation luxuriante.

Après de nombreux kilomètres sur des routes non goudronnées et pleines de virages (très communes en NZ !), nous nous posons à Aranohue Bush Camp, camp scout perdu au milieu de nulle part, personne, mais portail grand ouvert ! Malgré cette ambiance proche du film « Psychose », nous passons une bonne première nuit dans notre voiture, la tête dans les étoiles. Vive le toit ouvrant de la voiture !

Le lendemain, on file vers Dargaville, petite ville de 4500 habitants.

De là, direction la plage de Baylys Beach, sous un ciel couvert et pluvieux. Génial ! nous pouvons remonter vers la prochaine ville au nord via la plage ! En effet, en NZ, il est autorisé de rouler sur de nombreuses plages. On patiente un peu que la marée descende...et vers 12H30, on y va. 20 km. Mieux qu'une route nationale ! On roule cœur ouvert, sous un ciel qui se dégage. Dunes et mer à perte de vue.
On remonte ainsi une partie de Ripiro Beach et sortons à Aranga Beach, où une jolie montée ensablée nous attend, notre première épreuve de 4x4 !. Après une brève discussion sur l'option à prendre, Seb se débrouille comme un chef et nous conduit en haut de la butte, sous le regard amusé de trois habitants du coin.

A Trouson Kauri Park Scenic Reserve , nous visitons une forêt primaire de Kauri. Ces arbres sont parmi les plus grands du monde. Ils peuvent avoir jusqu'à 2000 ans et mesurer jusqu'à 6 mètres de large. On y rencontre aussi sont des fougères arborescentes (tree ferns) et autres végétaux inconnus dans nos contrées.

On part ensuite pour Waipoua Forest , où nous trouvons un "campground" du DOC. Pas de bureau d'accueil. Tout fonctionne sur la bonne foi et l’honnêteté. Pour payer la nuit, il faut mettre l'argent dans une enveloppe et la glisser dans une urne. Inimaginable en France, le système fonctionne très bien ici.

Nous nous installons près de la rivière Waipoua. Nous préparons notre nuit et nos défenses face aux moustiques et aux sand-flies, attirés par la lumière et nos peaux douces et sucrées !

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Le lendemain, nous continuons notre chemin vers Omapere et Onoponi (630 hab à elles deux), deux petits villages posés au bord de la mer. En face, on peut apercevoir l'énorme dune de North Head, qu'il est possible de dévaler sur des luges en plastique. C'est étonnant de voir cette montagne de sable au milieu de toute cette verdure.

Le ferry de Rawene nous permet d'aller plus vite vers le Nord en nous évitant une boucle par la route, surtout qu'ici, bien que les distances puissent être courtes entre deux points, les routes sont tellement sinueuses et mal revêtues que cela peut prendre 1h pour faire 40 km. Ainsi, nous traversons en 15 min Hokianga Harbour. Après 13 km de route pleine d'embûches (nids de poule, mare de boue, gravier), nous atteignons la fin du chemin, au beau milieu de nulle part, dans le "Sanctuaire de Kauris" de la forêt d'Omahuka. Après une revue des sentiers du coin, nous décidons de passer la nuit ici. glaglagla !

Nous sommes réveillés par deux forestiers dans une voiture du DOC, surpris de voir du monde ici ! Le DOC, c'est le Department of Conservation , organisme qui est en charge de l'aménagement des sites de randos, de la préservation des espaces naturels et de la gestion forestière. Un mélange d'ONF et de Fédération Française de Randonnée en somme.

Les deux gars sont venus récupérer les pièges à Possum, ces petits rongeurs qui saccagent la végétation et compromettent l'éco-système néo-zélandais. C'est l'ennemi public numéro 1. Ils sont 70 millions en Nouvelle Zélande, dont un certain nombre écrasés sur toutes les routes.

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D'Ahipara, on accède à la fameuse Ninety Miles Beach , plage réputée pour être plus rapide que la route si l'on veut monter dans le Nord de la Nouvelle Zélande. Pour nous, c'est 130 km d'un rêve d'enfant, musique plein tube ! C'est le pied jusqu'à ce qu'on décide de s'arrêter en plein désert de mer et de sable pour ramasser des coquillages... et que la voiture ne redémarre plus !
S'ensuivent 20 minutes d'angoisse, personne à l'horizon, la première habitation à 10 Km au moins...et la marée prévue de remonter 3 heures plus tard.

Nous reviennent en tête les recommandations de prudence des guides, les carcasses de voiture croisées en chemin ! Plus de voiture, fini la liberté ?! nooooooon !

Ouf, une voiture arrive à l'horizon. Deux maçons nous trouvent la panne : une cosse électrique du moteur s'était débranchée. Nous sommes presque à genoux pour les remercier.
Nous voilà repartis vers la sortie de la plage, à travers une rivière où nous croisons des cars qui emmènent les touristes dévaler les dunes et avoir le grand frisson de rouler dans l'océan.
Le panorama est splendide : mer, dunes et forêt se mélangent avant de se jeter dans la mer. On en prend plein les yeux.
Il est 15h lorsque nous décidons d'aller à Cap Reinga, le phare le plus au Nord de la NZ. Pour y accéder, une route de graviers serpente au milieu de somptueux apics et de baies arides et sauvages. Arrivé sur place, nous y faisons quelques balades et quelques photos. Ce point est sacré dans les légendes Maories.C'est de là que les âmes s'envolent pour la légendaire Hawaiki...

C'est au camping du DOC de Sandy Bay, niché au creux des falaises, au bord d'une petite rivière, que nous passons notre troisième nuit dans notre maison roulante.

Retour à la civilisation, le lendemain, avec une chambre au YHA (Youth Hotel Accomodation ) de Kerikeri. C'est un certain contraste avec la nature sauvage que nous avons laissé plus au nord.

Petite précision quant au choix de la chambre : si vous voulez une chambre double, dîtes "double" et non pas "twin", sinon vous vous retrouvez avec deux petits lits séparés... Ici, on partage la cuisine, les douches, le barbecue...et la chambre, lorsque l'on veut voyager moins cher (dortoirs).

C'est à Russel, chef lieu de la Bay of Islands  que nous nous rendons le lendemain, visiter et récupérer les clés du refuge dans lequel nous allons dormir le lendemain soir, près du phare de Cape Bret, après 8 heures de marche.

Russel est une petite station balnéaire bien calme. Nous prenons du bon temps entre balades et terrasses de cafés. En fin de journée, nous partons à la pointe Nord, vers Rawhiti (prononcer Rafiti) que l'on atteint par des chemin sinueux à travers de magnifiques petites baies où s'accrochent les maisons secondaires des citadins d'Auckland. La Bay of Islands est un lieu de villégiature particulièrement apprécié.

Nous passons la nuit dans un "Motor Camp" tenu par une communauté Maori. Nous sommes accueillis par Kai, qui a toujours vécue ici. Elle nous désigne la vieille maison en bois au milieu du terrain comme étant l'école qui a vu grandir sa mère, désormais reconvertie en studio pour la location saisonnière.

Elle nous apprend qu'une française habite avec la communauté où elle apprend à tisser le Flax (chanvre de Nouvelle-Zélande). Couchés tôt, levés vers 07h30, nous partons avec notre GROS sac à dos, direction le départ du sentier. Nous ne sommes pas très en forme ce matin. La rando va se terminer une demie heure plus tard, assis dans un coin isolé, en pleine lutte contre notre mal du pays. Nos proches et notre quotidien nous manquent...

Au retour, nous rencontrons Nelly, la bretonne voyageuse. On discute le coup dans une bouillabaisse français/anglais pour ne pas faire perdre le fil aux maoris qui nous entourent. Elle navigue entre NZ et Tasmanie, d'aventures en cueillette de fruits (de nombreuses fermes font appel à de jeunes voyageurs pour les diverses activités rurales en échange d'un petit salaire ou d'un toit et des repas. On appelle cela le WWOOF (prononcer wouf - Organic Farms). Très répandu en NZ).

Au retour, nous constatons que le camp se remplit de voitures et caravanes : c'est le week-end du Labour Day , lundi férié national. Les Kiwis en profitent pour aller au bord de la mer camper, pêcher, naviguer, se promener et passer des soirées au clair de lune.

Le soir, musique et nuées d'enfants qui jouent à cache-cache entre les caravanes.

Retour à Russel pour assister à l'arrivée progressive des voiliers de la Coastal Classic , célèbre course annuelle qui rassemble jusqu'à 300 voiliers venus d'Auckland dans ce petit port. Une météo très difficile aura empêché la moitié des bateaux d'atteindre l'arrivée. L'ambiance est à la bière et au séchage des vestes de quart.

Sur la grève, face aux voiliers, nous discutons avec des retraités rencontrés plus tôt au Motor Camp de Rawhiti. Ils nous invitent à passer les voir dans leur ferme du centre du pays à leur retour de vadrouille en camping car. Nous découvrons ainsi la générosité des Kiwis et leur moyen favori de voyage : le camping-car.

Nous assistons à la remise des prix de la course à un catamaran français de Nouvelle-Calédonie en compagnie de Jeff et Vincent, amis français vivant à Auckland en transit à Russel pour l'occasion. Nous passons le reste de la soirée ensemble, rejoints par Nelly, Géraldine et une allemande croisée quelques jours plus tôt dans un backpacker. Nous ne nous attardons pas à la fête...ambiance trop "alcoolisée" pour nous tous. En fin de soirée, après quelques coudes levés, nous rentrons au camping de Russel, à 11$ la nuit et 50 cents la douche froide, on va vite mettre les voiles, nous aussi.

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Le lendemain, c'est journée Catamaran / dauphins. Après être montés à bord et avoir fait connaissance avec les autres passagers, cap vers les îles de la baie. C'est alors que nous apercevons deux ailerons au loin, le bateau se rapproche et nous pouvons enfin discerner dans l'eau deux gros dauphins, des bottlenose , les plus gros (entre 3-4 mètres et jusqu'à 500 kg chacun) qui ondulent tranquillement entre les deux coques du bateau. Juste le temps pour Seb de mettre son masque et tuba et de plonger à leur rencontre. Ils ne sont pas farouches, voire joyeux en compagnie des hommes. Ils nous offrent un spectacle sûrement mille fois rejoué devant le touriste béat. Et pourtant, on adore. Nous déjeunons sur Urupukapuka Island (qui peut le dire d'un coup ?), petite sieste au soleil, voile et retour tranquille sur Russel.

Cap au sud, Otumare Bay où il y a un camp du DOC. A notre arrivée, nous sommes accueillis par les responsables du camp qui nous annoncent que nous suivons deux français en camping-car. Nous allons de ce pas prendre contact. Nous faisons alors la connaissance de Fabien et Isabelle, parisiens en fuite ! Pour eux, c'est une année de voyages à travers le monde en passant par l'Indonésie, la NZ, l'Australie et l'Asie du Sud Est. Nous passons la soirée ensemble, assis autour d'un bon repas chaud dans leur camping-car. Quel luxe.

Le lendemain. Douche froide au soleil. Nous disons au revoir à nos acolytes français, après avoir échangé quelques bons tuyaux de voyage. Nous décidons de descendre vers Wangarei, la plus grande ville du Northland. Nous y découvrons les célèbres chutes de Huka, sous la pluie. Réapprovisionnement et route ferons notre journée.

Camp d'Uretiti Beach, plus au Sud, le long d'une immense plage où les mouettes s'affairent à manger les poissons échoués sur le sable.
Nous faisons la rencontre d'un kiwi, Ian qui vit dans sa caravane depuis son licenciement et la séparation d'avec sa femme. Il est sur la route pour chercher à se retrouver. Il nous offre une tasse de thé, nous parlons un peu des actualités et de sa vie. La pluie tombe à verse, l'ambiance est lourde. Nous le remercions et courrons jusqu'à la voiture. Privés de dîner faute d'abri antipluie, on en profite pour dévorer nos livres !

23 octobre 2001

Notre dernière journée dans le Northland avant de redescendre sur Auckland. Il fait beau. Nous décidons de faire une marche notée sur la carte. Mangawhai Cliffs, 3 heures aller/retour. Chemin magnifique à flanc de falaise. Vaches et moutons paissent en paix au bout du continent. Nous sommes déséquilibrés par un vent très fort. On lutte. On respire à pleins poumons. Une vue à vous couper le souffle !

En chemin, Seb se fait attaquer par une pie. Nous finissons par redescendre sur la plage pour un retour par le front de mer. Or c'est marée haute, il nous faudra attendre que l'eau redescende pour pouvoir avancer. Deux heures d'attente : photos, atelier « collier de coquillages » et franches rigolades.

La mer redescend peu à peu, juste assez pour nous laisser passer mouillé... Nous franchissons rochers et plages aux coquillages échoués par milliers. Enfin notre voiture, et des chaussettes sèches.

Nous reprenons la route pour Auckland, arrêt au stand chez Khad et Gautier, où nous allons nous préparer pour la suite du voyage...

La suite de l'odyssée... On descend au sud ->>

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