Khadija, 32 ans, prof et journaliste
Pourquoi as-tu décidé de partir en Nouvelle Zélande ?
J'avais envie de changer complètement d'environnement. Je ne supportais plus la vie parisienne. J'avais comme une sensation d'étouffement, et je savais mon avenir ailleurs.
J'avais envie de découvrir une autre façon de vivre, des personnes et cultures différentes, des horizons nouveaux.
J'ai eu l'opportunité de partir surtout parce que mon dossier de candidature à un poste d'assistanat en langue française avait été retenu. A vrai dire, je n'avais le choix qu'entre l'Australie et le pays des kiwis. L'Australie me paraissait immense. Tandis que la NZ, cette petite île du pacifique qui véhiculait l'image d'une terre saine et verte me paraissait être le choix idéal. Par contre j'avais cru qu'il faisait beau toute l'année comme en Nouvelle Calédonie, ça c'est moins vrai !
Je suis arrivée en NZ sans vraiment connaître le pays, juste le Lonely Planet en poche en me disant que j'allais le feuilleter au fur et à mesure de mon séjour.
Et je le recommande vivement. Un peu lourd, mais très utile et bien fourni avec les coordonnées des différents backpackers,
les lieux et endroits à ne pas louper, les prix, l'histoire et anecdotes des villes néo-zélandaises...
Pour visiter le pays, quelle est la meilleure façon de voyager selon toi ? Formule tout organisée, backpackers, avion, rail ?
En ce qui me concerne, la meilleure façon de visiter le pays est incontestablement en voiture. Les transports publics n'étant pas très développés, certaines villes ne sont pas desservies.
Je dirais que la Nouvelle-Zélande est l'un de ces pays que l'on découvre au jour le jour, à l'aventure, sans parcours défini à l'avance. Selon l'envie du moment, on établit son programme.
Parfois la grosse tempête de pluie imprévue modifie tous les plans, ou bien dans la ville que l'on pensait visiter en une journée, l'on découvre des trésors cachés et on finit par s'y attarder.
Avec une voiture, on est vraiment libre d'aller où on veut et quand on veut, et c'est utile en NZ.
Il est plus prudent de réserver un backpacker à l'avance pour être sûr d'avoir une place. Mais généralement, on peut trouver un lit le jour même. Prévoir du matériel de camping. C'est moins cher,
et on est certain de dormir sous abri en cas de mauvais temps et à défaut de backpacker. L'idéal, en fait, et que je tenterai sûrement, c'est le camping car. A 2 ou 3 personnes, voire plus, la formule est la plus rentable.
Comme tu es restée, qu'est ce qui t'a donné envie d'y vivre ?
J'y ai rencontré l'homme de ma vie qui est français d'ailleurs.
ça aide énormément ! Mais aussi la vie est de meilleure qualité qu'à Paris.
On y respire l'herbe verte à chaque coin de rue.
J'ai déménagé de mon 30m2 à Saint-Ouen dans la banlieue parisienne pour
me retrouver dans une maison avec jardin pour un même loyer pratiquement.
La mer toujours présente, quel bonheur !!! Les sports nautiques à portée de main,
les balades dans le bush à peine à 45 minutes de la capitale. En bref,
tout y est plus facile d'accès et à moindre coût. J'ai fait de la photo, du chant,
de la danse africaine, du cheval, du tennis, de la voile, tout ce que je ne pouvais pas faire sur Paris.
Depuis combien de temps vis-tu là -bas ? Quel visa avais-tu obtenu pour pouvoir partir ?
Je suis arrivée à Auckland le 25 janvier 2000 exactement. Mon premier visa, un work visa, je l'ai obtenu grâce au poste d'assistante. Quant au deuxième, il s'agit du fameux Working and Holiday Visa, très facile à obtenir à l'ambassade de Nouvelle-Zélande à Paris. Ensuite, ce fut plus compliqué !
Est-ce difficile de renouveler son Visa ?
Après mon Working Visa, j'ai encore eu la possibilité de rester sur le territoire avec un visa touriste de trois mois renouvelable deux fois, soit 9 mois. J'ai ensuite trouvé un travail, ce qui m'a permit d'obtenir un nouveau visa. Depuis 2004, j'ai la résidence permanente, obtenue conjointement avec mon ami. Obtenir un visa ou la résidence peut se transformer en parcours du combattant !
Une fois là -bas, quelles ont été tes premières démarches (Travail, appart, amis) ?
Arrivée à Auckland, j'ai été prise en charge par l'une des écoles où j'allais travailler. Je suis restée quelques jours chez un professeur le temps de chercher un flat. L'ancienne assistante que j'ai remplacée m'avait déjà donné une adresse. Une chambre dans une ancienne villa coloniale surplombant la ville d'Auckland. Je n'ai pas hésité et j'ai accepté sans prendre le temps de visiter d'autres flats. Résultat, j'ai déménagé au bout de deux mois car la famille chez laquelle je vivais m'imposait un rythme de vie trop stricte, bien pire que chez mes parents, et loin d'être convivial.
Un conseil, prendre son temps !
En Nouvelle-Zélande, on flat, c'est à dire que l'on partage une maison à plusieurs. L'avantage : on ne se retrouve pas tout seul dès le début de son séjour.
Quels ont été les obstacles ? En France et là -bas ?
En France, les démarches administratives ont été les plus fastidieuses. En Nouvelle Zélande, rien de comparable. Il faut juste se rendre au service des Impôts (Inland Revenue) qui fournira un IRD number, indispensable si l'on veut travailler.
Comment ont réagi ton entourage et tes amis ?
Mes parents n'ont pas vraiment eu le choix. Très réticents au départ, puis ont fini par accepter. Mon père craignait que j'y reste définitivement. Il n'a pas eu entièrement tort puisque j'y suis depuis 2000 et compte y rester encore un peu.
Quant à mes amis, ils m'ont pratiquement tous envié.
En préparant ton voyage, où as-tu trouvé des infos sur le pays, des aides administratives, des guides, des centres d'infos (Internet, librairie, ambassade) ?
Juste un guide de voyage et une lettre de l'assistante que j'ai remplacée me donnant quelques détails de vie pratique. Mais j'avais envie que ce soit la surprise. Alors je n'ai rien imaginé. Je ne voulais pas être déçue. J'appréhendais beaucoup ce voyage à l'autre bout du monde, coupée de ma famille et de mes amis. Et même si je savais où je mettais les pieds en ayant un travail sur place, je savais aussi que ma vie allait prendre un tournant.
Est-ce que l'intégration d'un français est difficile ?
Non, au contraire. Les kiwis adorent la France,
la culture et la cuisine française même si parfois ils remettent sur table le fàcheux épisode du Rainbow Warrior.
Ils adorent aussi rivaliser en bonne camaraderie avec le rugby.
Y a t'il une communauté active de français à Auckland ?
Il y a l'Alliance française qui peut être un pied à terre pour les nostalgiques du pays. La newsletter apparaît tous les mois et relate les événements locaux. On y déguste du vin de temps en temps, des repas y sont organisés, des soirées, etc. Ils ont aussi une bibliothèque où l'on trouve de nombreux ouvrages en français.
Ici, la communauté fonctionne de bouche à oreille, un tel connaît un tel, et on se retrouve à plusieurs entre francophones. On s'organise des week-ends, on visite les environs. Le forum des Frogs est aussi très actif pour que les gens se rencontrent.
Quels sont les avantages de ta nouvelle vie ? (loisirs, qualité de vie, niveau de vie...) Quels sont les inconvénients ?
Tout est plus facile d'accès, les loisirs, le sport, les activités diverses.
Il y a vraiment des milliers de choses à faire dans ce pays.
La NZ étant une nation sportive, tout est prévu pour les inconditionnels, de la randonnée pédestre
( le pays est servi en chemins et balades dans le bush) aux sports extrêmes (parachute,
saut à l'élastique, chute libre...) en passant par les sports de mer, incontournables !
Chose importante, on ne fait pas des heures de queue pour aller au cinéma, au théàtre ou au restaurant.
Les opportunités professionnelles sont peut-être plus nombreuses parce-qu'ici, on offre à chacun la chance de réussir.
Pas de démarches administratives omniprésentes. Pas de métro aux heures de pointes ni de circulation difficile.
Alléluia ! Pour me rendre à mon travail, je longe tous les jours la mer et me retrouve en un quart d'heure au centre ville. Le pied !
Et ce qui est vraiment génial, c'est d'être à deux ou trois heures des autres îles du Pacifique. Les prix restent abordables.
Les inconvénients, le centre ville n'est pas très grand et on en a vite fait le tour. On se rend au même cinéma, aux même magasins,Parfois, on veut changer d'air. C'est assez contradictoire, non ?.
J'ai le mal de la bonne bouffe. Du bon pain, du bon fromage, et de bons desserts au lait, genre les crèmes caramel ou le riz au lait. Du vrai bon chocolat.
Des vrais cornichons salés pas sucrés, lire le journal, un bon p'tit Libé ou le Monde, regarder une émission genre Thalassa ou Envoyé Spécial, c'est à dire de la réflexion, du débat, du vrai. C'est ce qui manque dans ce pays. Un peu plus de culture et de bonne bouffe !
Gardes-tu des liens avec la culture française sur place (concerts, expos, littérature, ciné)
On ne se sent pas aussi isolé qu'on pourrait le penser. Il y a quelques événements " French " organisés par l'Alliance française, de très bons restaurants, des cinémas comme " The Academy " ou le "Lido" qui passent assez régulièrement des films français et le festival du film européen qui a lieu au mois d'août. TV5 diffuse également le journal de France 2.
C'est vrai que l'on sort assez souvent entre français. Nous n'avons peut-être pas la même façon que les Néo-zélandais de passer nos soirées.
Mais on a quelques bons amis kiwis.
Internet est incontestablement l'invention du siècle et permet de rester en contact avec le monde extérieur,
on peut même téléphoner à un prix très compétitif via Internet, les mails bien sûr,
qui restent primordiaux lorsque l'on sait que le courrier, trop lent, n'arrive pas toujours à destination.
Qu'est ce qui te plaît et ne te plaît pas chez les Kiwis ?
Ce qui me plait, ils sont respectueux, serviables et aimables en général.
Par contre, ils boivent beaucoup trop de bière quelle que soit l'heure de la journée, dans la rue, hommes et femmes compris.
Ils mangent très mal même si la présidente de l'association des diététiciens que j'ai interviewée me dit le contraire !