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Louise Henderson, artiste néo-zélandaise du XXème siècle

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Née à Boulogne sur Seine le 21 avril 1902, Louise Etiennette Sidonie Henderson, née Sauze, deviendra une artiste néo-zélandaise reconnue internationalement.

Fille unique d’une famille bercée par les arts, elle est, dés son plus jeune âge, entourée des plus grands. Son père, Daniel Sauze , alors secrétaire particulier de Auguste Rodin , l’emmène souvent lors de leurs réunions dans sa maison de Meudon. La petite écoute les deux hommes parler pendant des heures, en jouant avec les morceaux de marbre laissés là par le sculpteur.

Après avoir passé un bac littéraire avec succès, la jeune fille poursuit ses études à l’école de broderie et de dentelles de Paris. Très vite gagnée par la passion, elle partage ses connaissances au travers d’articles qu’elle écrit pour le magazine Madame entre autres.

C’est à Paris qu’elle rencontre l’homme qui changera son destin, Hubert Henderson . Néo-zélandais diplômé de l’université de Cambridge, Hubert est sur le chemin du retour vers la Nouvelle-Zélande. Depuis Christchurch, où il est professeur à la Boy’s Highschool, Hubert envoie une proposition de mariage épistolaire à Louise, qui accepte. Ses parents ne voulant pas qu’elle voyage célibataire, aussi loin et seule, Louise se marie civilement par procuration à l’ambassade d’Angleterre à Paris avant de partir. En février 1925, elle quitte la France pour la Nouvelle-Zélande et se marie religieusement le 30 avril. De cette union naîtra une fille.

Les parents de Louise ayant toujours été réticents à ce que leur fille devienne artiste, elle n’en apprécie que plus la liberté qu'elle découvre en NZ. Elle commence à peindre des paysages, des collines et des gorges, se rapprochant des artistes modernes tels que Manet, Cézanne, Picasso et Braque. Des artistes locaux, tels que Alfred Cook, Rita Angus, Rolande Hipkins et Christopher Perkins, la rejoignent dans ce mouvement.

En plus de la peinture, Louise enseigne la broderie et le design à Christchurch, au Canterbury College School of Art de 1926 à 1941, et s’essaye à d’autres supports tels que le métal, l’argent ou encore l’émail. Elle obtient en 1931 un diplôme honorifique en Fine Arts de l’Université d’Auckland.

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De 1935 à 1938, Louise parcourt les plaines du Canterbury à bord d’un train en compagnie d’une troupe d’artistes The Group . C’est avec eux qu’elle organise les premières expositions de ses œuvres.

Au milieu des années 30, les parents de Louise émigrent en Nouvelle-Zélande et rejoignent leur fille qui vient d’emménager à Wellington avec sa famille. Bien que très occupée par les différents cours de broderie et de couture qu’elle prodigue, Louise trouve le temps de suivre des cours au Victoria University college . C’est également à cette époque qu’elle expose pour la première fois toute seule.

En 1948, elle entame une correspondance soutenue avec le peintre John Weeks , son œuvre prend alors un tournant décisif vers le cubisme.

Après la mort de ses parents, Louise et son mari quittent Wellington pour Auckland. Devenue peintre à plein temps et frustrée par les méthodes traditionnelles d’apprentissage de l’art, Louise passe beaucoup de temps dans l’atelier de Weeks. Sa peinture met en scène des éléments abstraits, laissant de côté les peintures à l’eau pour des huiles sur toile ou papier.

Encouragée par son mari qui construit un studio dans leur maison, Louise expose à de nombreuses occasions et fait son entrée sur la scène internationale grâce à Helen Hitchings et son exposition 15 peintres néo-zélandais à Londres.

Suivra une année d’étude en France dans les ateliers de Jean Metzinger. Elle y apprend à maîtriser les techniques cubistes comme les constructions logiques de formes, les points de vue multiples... Sa maîtrise des techniques modernes et cubistes lui vaudra les honneurs du Auckland City Art Gallery , maîtrise d'ailleurs détrônée par certains critiques qui verront avant tout en Louise Henderson une source de fierté nationale.

En 1956, la famille Henderson part s’installer à Beyrouth. Confrontée à une nouvelle culture, Louise s’oriente vers un style intégrant l’architecture moyen-orientale. Ces œuvres feront l’objet de plusieurs expositions à Londres, puis en Australie et Nouvelle-Zélande. La série « Jérusalem » retient particulièrement l’attention car elle intègre des formes géométriques inspirées d’anciens designs.

A son retour en Nouvelle-Zélande à la fin des années 50, Louise est devenue une artiste reconnue et un exemple en matière de peintures abstraites.

Les commandes affluent et Louise Henderson réalisera des œuvres grandioses telles les vitraux de l’église de la croix sacrée à Henderson ou encore une œuvre de 1m50 x 6m en laine exposée à l’hôtel Hilton de Hong Kong.

Le 6 juin 1963, Hubert Henderson meurt. Lousie est dévastée et jure qu'elle ne retouchera plus jamais à ses pinceaux. Quelques mois après, Louise retrouve cependant son chevalet et entame une série thématique sur les éléments air et eau. Cette nouvelle série l’entraînera sur les routes d’Europe où de nombreuses expositions seront montées.

Les années 70 marqueront le retour aux représentations d' Aotearoa, du bush aux paysages du Coromandel. En parallèle ses différents voyages aux îles Cook et au Groenland lui donneront de nouvelles sources d’inspirations.

En 1986, à l’âge de 84 ans, Louise se remarie avec un électricien, de 27 ans son cadet. En 1987, elle achève son œuvre « les douze mois », composée de 12 canevas. Les critiquent s’accordent à dire que cette série combine à merveille la sensibilité européenne et le vécu néo-zélandais de Louise.

Elle peindra encore sans relâche jusqu’à sa mort le 27 juin 1993, quelques mois après avoir été faite Dame Commander dans l'ordre de l’empire britannique.

Aurélie

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