Le récit de la création du monde

Voyage Nouvelle-Zélande

Au commencement est Te Kore , le Néant total. Puis vient Te Po , la Nuit, immensément longue et noire. Enfin Rangi-nui , le ciel (le Père), s’unit à Papa-tuanuku , la terre (la Mère) et ainsi le monde est créé. Puis naissent de nombreux enfants : Tane-mahuta  (gardien de la forêt et des oiseaux), Tu-matauenga  (gardien de la guerre, et plus tard des hommes), Tawhirimatea  (les vents et les tempêtes), Tangaroa  (la mer et les poissons), Rongomatane  (les plantes cultivées) et Haumia  (les plantes sauvages).

Mais au fil des temps, les enfants se lassent de l’obscurité constante de l’étreinte de leurs parents et décident de les séparer. C’est Tane qui lentement, tel le puissant kauri, les épaules fermement sur la terre et les pieds arc-boutés contre le ciel, sépare Rangi de Papa ; c’est l’énergie de la croissance qui fait entrer la lumière dans le monde. Et alors que Rangi pleure la perte de sa compagne, que la pluie tombe sur la Terre pour la première fois et que les océans se remplissent, c’est Tu qui coupe les derniers liens retenant les parents, répandant ainsi le sang, l’ocre, qui colore de nombreux paysages de Nouvelle-Zélande.

À la douleur des parents succèdent les conflits entre les frères : Tawhirimatea, fidèle à Rangi, le rejoint dans le ciel. Avec le froid et la grêle, il vainc Tane. Il terrorise Tangaroa, Rongomatane et Haumia, et les oblige, l’un à se cacher sous la surface des eaux, les autres à trouver refuge au plus profond de Papa, la terre.

Seul Tu, bien qu’isolé de ses frères, résiste, invaincu. Et la colère de Rangi et de son fils, le vent, s’épuise… mais pas celle de Tu qui se venge de ceux qui l’ont abandonné ; il fabrique les filets, les pièges et les pioches pour capturer leur progéniture (les poissons, les oiseaux, les kumaras, les fougères…), puis il les cuit, donnant ainsi aux humains les outils et la nourriture.
Tu es l’esprit de l’homme, son combat contre les éléments et sa domination de la nature. Le corps viendra plus tard, après l’union de Tane avec la première femme, façonnée d’argile.

Les Maoris expliquent ainsi la création de l’univers. Leur mythologie est remplie d’autres dieux, qui mêlent le supernaturel à la vie quotidienne : il existe un dieu ou un ancêtre déifié derrière chaque montagne, lac, élément marquant du paysage, et quantité de démons, goblins et fées.

On pourrait croire les Maoris écrasés par le poids de ce panthéon et de ses superstitions, mais il y a aussi l’antidote à tout ça : Maui, qui, même élevé par les dieux, est humain. Super-héros, il capture le soleil et ralentit sa course dans le ciel. Il sort la terre des Maoris des eaux. Il est intrépide, malin, insolent et tricheur, preuve que les dieux n’ont pas le total contrôle du destin.

Photo : Ian Trafford (Tourism New Zealand)

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