La colonisation manquée des français à Akaroa

lelievre

Jean-François Langlois , 29 ans, né 1808 à La Luzerne, près de St Lo en Normandie, est commandant à bord d'un baleinier lorsqu'il met l'ancre pour la première fois à Akaroa, dans la péninsule de Banks (Est de l'actuelle Christchurch - île du sud), en 1838. Il y passe l'hiver, pêchant des baleines au large de la côte.

A cette époque, il n'y a pas encore de colonie française dans le Pacifique. Soixante baleiniers français environ font régulièrement la traversée entre la France et la Nouvelle Zélande pour se livrer à cette pêche lucrative.

L'Ile du Nord est déjà bien peuplée de colons britanniques, et une annexion britannique de la Nouvelle-Zélande semble être imminente. Il faut agir vite si l'île du Sud doit devenir Française. Langlois pense qu'Akaroa ferait une excellente base française, et commence à établir un projet d'annexion l'île du Sud pour le compte de la France. Avant de rentrer en France, il obtient les signatures de douze chefs Maori, de la tribu Ngai Tahu.

A son retour en France, en mai 1839, Langlois vends la terre de la Péninsule de Banks à un groupe d'hommes d'affaires de Nantes et de Bordeaux. Le Gouvernement, séduit par le projet, verse une subvention permettant la création de la Compagnie Nanto- Bordelaise , et met à disposition un bateau pour le transport des colons accompagné d'un navire de guerre. L'objectif affiché est alors d'annexer l'Ile du Sud sans provoquer les Britanniques, déjà bien installés dans l'Ile du Nord.

Un groupe de colons quitte Rochefort en Mai 1840, sur le bateau "Comte de Paris", sous le commandement de Langlois. Cependant, peu de temps avant le départ de France du "Comte de Paris", les Britanniques signent, le 6 février 1840, le traité de Waitangi avec les Chefs Maoris, à la Baie des Iles dans l'île du Nord. Les Chefs Maoris de l'Ile du Sud devaient signer un peu plus tard, le 30 mai 1840.

Après la signature du Traité, un bateau de guerre britannique met immédiatement le cap sur Akaroa pour y hisser l'Union Jack . Les Français, ignorant l'existence de ce traité, arrivent à Akaroa pour découvrir qu'ils vont s'installer dans une colonie britannique. .

Qu'à ce la ne tienne, ils s'installent à Akaroa comme prévu, mais au lieu d'une grande île du Sud française, il n'y a qu'une petite ville avec environ soixante colons.

Malgré ce petit nombre initial de Français, un assez grand nombre de Néo-zélandais d'aujourd'hui se disent les descendants de ces colons français venus de Normandie et de Charente.

Photo : François Lelièvre, colon d'Akaroa

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