Histoire et rêgles du cricket, héritage très british

Voyage Nouvelle-Zélande

Sport national britannique adopté par les nations du Commonwealth - l'Australie, la Nouvelle-Zélande, l'Inde, le Pakistan, les Antilles anglaises - et l'Afrique du Sud, le cricket est souvent peu connu et mal compris dans les autres pays.

Une histoire de classe sociale

Contrairement à de nombreux sports anglais comme le rugby, le cricket est guère apprécié en dehors des terres britanniques. Jusqu'au XVIe siècle, cette discipline était pratiquée par les classes populaires et méprisées des riches. Á partir du milieu du XVIIe siècle, l'aristocratie s'y intéressa pour entretenir des relations avec le reste de la population et accroître son prestige. Les lords employaient comme garde-chasse ou palefrenier des personnes qui étaient avant tout d'excellents joueurs de cricket et se constituaient ainsi leur équipe.

Vers 1820, le sport comportait deux versions : un cricket pour la haute bourgeoisie qui le pratiquait dans ses propriétés de campagne ou dans des clubs desquels étaient exclus les représentants de la classe populaire ; et un cricket pour la petite bourgeoisie. Cette dernière introduisit le professionnalisme qui perdura jusqu'en 1870.

On organisa alors le « test cricket », série de matchs nationaux entre l'Angleterre et les pays de l'Empire britannique. Le cricket prit de l'importance et devint le sport national de l'été. Comme le club qui contrôlait le jeu était le très aristocratique Marylebone Cricket Club (MCC fondé à Londres en 1788), se posa alors le problème de la présence de la classe populaire. On répartit finalement les rôles. Le batteur devait venir d'une classe sociale élevée (ce rôle lui donnait l'occasion de montrer son adresse et sa personnalité). Alors que les places de lanceurs et ramasseurs de balles étaient confiées aux membres de la classe populaire.

Comment ça se joue ?

Le terrain

Comme tous les sports dont l'origine est ancienne, le cricket a subi de nombreuses modifications au cours des siècles. Ainsi, les guichets (les buts) n'ont pas toujours existé. On se contentait jadis de creuser deux trous dans le gazon et de tracer, devant chaque trou, une ligne distante de 1,30 m. Au début du XVIIIe siècle, on introduisit les guichets (construction complexe constituée par trois piquets sur lesquels sont posées, en équilibre, deux petites barres). Les premières règles précises du jeu furent codifiées en 1744.

Le terrain de cricket est une grande pelouse de 150 m sur 170 m et comporte deux guichets. Un arbitre se tient près de chacun d'eux. Un guichet, dont la largeur totale est de 23 cm, se compose de trois piquets enfoncés dans le sol dont le hauteur ne doit pas dépasser 71 cm. Des baguettes en bois sont posées sur les piquets, témoins dont la chute indique que le guichet a été touché. Les guichets, plantés l'un en face de l'autre, sont séparés par une distance de 20 m ; cette zone constitue l'espace de jeu proprement dit. À 1,30 m en avant de chaque guichet, et parallèlement à lui, se trouve une ligne marquant la limite de ce qu'on appelle le « terrain du batteur ».

Les règles du jeu

Le jeu du cricket comporte deux manches pendant lesquelles tous les joueurs des deux équipes (composées de 11 membres) doivent se succéder comme batteur à la défense des guichets. Le batteur désigné est le seul de son équipe sur le terrain, entouré par les joueurs de l'équipe adverse qui doivent s'efforcer de rattraper à la volée la balle que le batteur a frappée.

Le rôle du lanceur

C'est le lanceur (bowler) qui attaque en envoyant une balle sur le guichet défendu par le batteur. La balle, très dure, est faite de liège et de corde recouverts de cuir rouge. Elle pèse 172 g et mesure 23 cm de circonférence (l'équivalent d'une balle de tennis). L'objectif du lanceur est de détruire le guichet défendu par le batteur qui se trouve en face de lui. Il peut prendre tout l'élan nécessaire avant de jeter la balle, à condition de rester dans les limites de ce qu'on appelle la « ligne du lanceur ». Deux lanceurs opèrent dans chaque jeu, chacun en face d'un guichet. Quand six balles ont été lancées, le second lanceur s'attaque au batteur du guichet opposé, et tous les joueurs sur le terrain changent de position.

Le rôle du batteur

Les batteurs (batsmen) se servent, pour la défense des guichets, d'une batte généralement en saule et dont la longueur totale ne dépasse pas 97 cm. Le batteur se doit de frapper la balle assez fort, soit pour l'expédier hors des limites du terrain (ce qui vaut alors 6 points à son équipe), soit pour l'envoyer à une distance suffisante pour qu'il ait le temps de courir jusqu'au guichet de son partenaire (un point par course au bénéfice de son équipe). Quand le batteur quitte son guichet pour courir à celui d'en face, son partenaire court lui-même jusqu'au guichet laissé vacant. Quand le batteur est éliminé, c'est son partenaire du guichet opposé qui le remplace, et ainsi de suite jusqu'à ce que les onze joueurs de l'équipe dont c'est la tournée se soient succédé sur le terrain. C'est ensuite à l'équipe adverse d'assurer la défense des guichets.

Stratégies

Il y a d'excellents batteurs qui peuvent tenir une équipe en échec pendant des heures. Toute partie qui n'est pas terminée est considérée comme nulle (à moins que l'un des deux camps n'abandonne en cours de match). Toutefois, quand une équipe détient une avance de points substantielle, son capitaine peut mettre fin à la manche en déclarant que la tournée de son camp est terminée. C'est ce qu'on appelle la «déclaration», qui a pour effet d'accélérer le déroulement du jeu.

En raison des règles particulières du cricket, il arrive fréquemment qu'une seule partie dure plusieurs jours. Une limite est assignée au temps imparti quotidiennement au jeu, et on reprend le match le lendemain, au point où on l'avait laissé. Dans les rencontres internationales, les matchs durent de cinq à six jours. Les compétitions entre comtés se jouent généralement en deux ou trois jours.

Le finale du championnat du monde de cricket a eu lieu le 23 mars 2003 à Johannesburg. L'Australie a écrasé l'Inde par 125 « runs » et conserve ainsi sa couronne de championne du monde acquise en 1999 en Angleterre.

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